La question que beaucoup d’observateurs se posent est pourquoi le Mali est-il le premier pays à subir les effets de la disparition brutale et rapide du régime Kadhafi ? Les principales raisons avancées sont la faiblesse de l’administration civile et militaire dans cette région désertique ; les difficultés de déplacement et de communication ; l’enracinement ancien de la rébellion dans le tissu social ; et le soutien supposé que lui apporteraient les populations locales qui se sentiraient peu intégrées aux populations négro-africaines des autres régions du Mali. Rappelons que la première rébellion a commencé aussitôt après l’indépendance, dans les années 1963. Certains ajoutent l’action des trafiquants de cigarettes, de drogues, d’armes ou de migrants qui auraient transformé cet espace en plaque tournante de ce commerce juteux et qui disposeraient de ressources confortables pour corrompre ou intimider certains agents de l’administration de la sécurité. Enfin, d’autres croient y déceler une collusion entre ces nouveaux combattants et les adeptes d’Al Quaida au Magreb Islamique. Difficile pour le moment de savoir ce qui relève de la vérité et de ce qui est de l’ordre des supputations. Surtout qu’en pareilles situations, les informations exactes sont rares. Ce déficit de communication est un des reproches faits au gouvernement malien et principalement au Président Amadou Toumani Touré par les femmes des soldats engagés sur le front et bien sûr par ses détracteurs politiques qui trouvent là une faille à exploiter pour ternir la très bonne image de ce général atypique. Prestigieux pour avoir pris la direction du mouvement qui a mis fin au régime du très autoritaire Moussa Traoré et avoir remis le pouvoir aux civils pendant que d’autres s’accrochent au pouvoir comme des sangsues. Prestigieux également pour être revenu au pouvoir par la voie démocratique et avoir refusé de se représenter aux élections après dix ans au pouvoir, malgré les pressions de certaines personnes de son entourage. Et voilà qu’à quelques jours de son repos mérité, cet exemple rare est gravement critiqué et vilipendé. Certains vont même jusqu’à le soupçonner d’avoir laissé pourrir la situation pour pouvoir reporter les élections et rester au pouvoir ou d’être de connivence avec la rébellion. Plusieurs voix lui reprochent son parti pris pour la voie du dialogue dans la résolution tous les conflits ; au Mali comme ailleurs en Afrique. Ses détracteurs lui reprochent de ne pas avoir organisé la loi du talion, œil pour œil et dent pour dent. Ne pas avoir accumulé des armes et équipé correctement l’armée pour parer à toute éventualité. Ses détracteurs y voient de la mollesse ou de la négligence.
Ainsi donc va la loi du monde dans lequel ceux qui misent sur le dialogue entre les gens et les pays, ceux qui refusent la violence et préfèrent la paix, ceux qui préfèrent investir le peu de ressources disponibles dans la lutte pour le développement au lieu d’acculer des armes, sont durement jugés. ATT n’est pas le seul dirigeant africain pour qui cette option pour le développement et contre l’accumulation de la quincaillerie militaire se retourne contre lui. Le coût du choix pour la paix et le dialogue - quand on vit dans un environnement où des voisins n’en veulent pas mais préfèrent plutôt pêcher dans les eaux troubles – peut se révéler catastrophique pour soi et pour le pays. Dans le monde tel qu’il est, les adeptes de Gandhi ont encore du souci à se faire. Et que fait l’Union Africaine ? Rien. Que peut-elle faire d’ailleurs que constater les dégâts de son insignifiance face à la crise libyenne et le précédent créé avec l’acceptation de la partition du Soudan en deux Etats indépendants ! A qui le tour demain ? Regardez la carte de l’Afrique : les zones de conflits frontaliers, ethniques, tribaux et religieux ne manquent pas. Conflits aiguisés, suscités ou entretenus par des rapaces internationaux. Hier leur devise était diviser pour régner, aujourd’hui c’est diviser pour piller. Quand les Africains cesseront-ils d’être des marionnettes?
Ainsi donc va la loi du monde dans lequel ceux qui misent sur le dialogue entre les gens et les pays, ceux qui refusent la violence et préfèrent la paix, ceux qui préfèrent investir le peu de ressources disponibles dans la lutte pour le développement au lieu d’acculer des armes, sont durement jugés. ATT n’est pas le seul dirigeant africain pour qui cette option pour le développement et contre l’accumulation de la quincaillerie militaire se retourne contre lui. Le coût du choix pour la paix et le dialogue - quand on vit dans un environnement où des voisins n’en veulent pas mais préfèrent plutôt pêcher dans les eaux troubles – peut se révéler catastrophique pour soi et pour le pays. Dans le monde tel qu’il est, les adeptes de Gandhi ont encore du souci à se faire. Et que fait l’Union Africaine ? Rien. Que peut-elle faire d’ailleurs que constater les dégâts de son insignifiance face à la crise libyenne et le précédent créé avec l’acceptation de la partition du Soudan en deux Etats indépendants ! A qui le tour demain ? Regardez la carte de l’Afrique : les zones de conflits frontaliers, ethniques, tribaux et religieux ne manquent pas. Conflits aiguisés, suscités ou entretenus par des rapaces internationaux. Hier leur devise était diviser pour régner, aujourd’hui c’est diviser pour piller. Quand les Africains cesseront-ils d’être des marionnettes?















