En matière de politique de développement économique, Mwalimu Julius Nyerere de Tanzanie l’a essayée sous la dénomination de « self reliance ». Le Burkinabé Thomas Sankara s’en est fortement inspiré notamment en lançant la fameuse « bataille du rail »[[1]]url:#_ftn1 . Les deux dirigeants ont eu tort d’avoir raison trop tôt pendant que l’environnement international et national n’était pas encore favorable. Jusqu’à aujourd’hui, la grande majorité des dirigeants africains et de l’intelligentsia refusent de l’adopter comme principe guidant leurs comportements, leurs prises de décision et leurs rapports avec les autres. Contrairement aux paysans et aux acteurs du secteur dit informel qui, chaque jour, se lèvent à l’aube et se couchent tard dans la nuit pour assurer la survie de leurs familles et la leur, les dirigeants africains et l’intelligentsia, eux, ont choisi de se reposer sur l’appui des pays occidentaux, du Japon , de la Chine et des institutions internationales pour tirer leur pays de la pauvreté. On en voit les résultats : la misère généralisée, les bidonvilles insalubres, la famine, la jeunesse qui se noie dans la mer ou qui périt dans le Sahara en fuyant le continent.
Compter sur ses propres forces commence d’abord par croire en ses forces et en celles de sa communauté ou de son peuple (self confidence). Pour qu’un jour, le premier président noir des USA, Barack Obama puisse prononcer le fameux « Yes we can » il a fallu que pendant des années il se répète à lui-même : « yes I can ». Bien que noir et donc « handicapé social » aux Etats-Unis - comme dans d’autres sociétés - , il doit s’être dit je veux réussir, je dois réussir, je réussirai et je m’en donne les moyens ! Obama a beaucoup de fans parmi les Africains jeunes et moins jeunes, en Afrique et dans la diaspora. Mais il est désolant que beaucoup de ses fans n’aient pas encore compris son exemple. Ils sont fiers de lui uniquement parce qu’il est noir. L’est-il d’ailleurs! N’empêche qu’ils voient en lui un digne représentant des Blacks qu’ils exhiberont toujours face aux autres, surtout aux racistes ou aux sceptiques qui oseront contester leurs capacités. C’est le degré primaire de la prise de conscience du fait que l’avenir n’est jamais écrit à l’avance. Et que chacun peut forcer son destin. En se comportant de façon à ce que parmi les futurs possibles, ce ne soit pas la pire probabilité qui se produise. Le deuxième degré de la prise de conscience est de lire l’histoire, le parcours d’Obama et de chercher à comprendre pourquoi et comment il est arrivé là où il est. Il a cru et a eu confiance en lui-même. Mais cela ne saurait suffire. Il a compris la société dans laquelle il vit et a su saisir les opportunités qu’elle recèle. Ce faisant, il a eu un comportement différent de celui de beaucoup de ses fans. Il a fait des choix et adopté un comportement quotidien qui ne renforcent pas la marginalisation ou la discrimination que la société américaine impose aux Noirs ; et que les sociétés occidentales, asiatiques ou africaines imposent aux défavorisés. Refuser d’aller où la société voudrait vous pousser. Refuser de croire que si vous êtes né dans un milieu pauvre ou défavorisé, vous devez automatiquement verser dans l’oisiveté, le conflit avec les parents, la délinquance, le vol, la drogue, la violence. Refuser que naître dans un milieu pauvre signifie automatiquement que l’on doit se mettre en situation d’échec scolaire. Des exemples abondent de jeunes Africains nés au fin fond de la brousse ou dans des quartiers privés de tout, dans un dénuement total, qui ont pu faire de brillantes études dans les meilleures universités occidentales pour ensuite occuper des postes de prestige. D’autres, à la sueur de leur front, de leur discipline et de leur détermination, ont réussi dans le commerce et les affaires, les arts et le sport.
Au Burkina Faso, à peu près une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou, un ami m’a fait visiter une exploitation agricole appartenant à un mal -voyant. C’était surprenant de voir le bon état de ses cultures (mil, sorgho, niébé, gombo…) et même de sa concession par rapport à celles de ses voisins ! Et la raison de ce succès : ce mal- voyant, aujourd’hui âgé, a décidé, quand il était plus jeune, « que jamais il ne mendiera ». Il a décidé de compter sur ses propres forces et il a réussi. Voici un exemple de dignité dont devrait s’inspirer la jeunesse africaine pour que demain l’Afrique soit dirigée par des dirigeants à la hauteur des enjeux de l’heure. Pour qu’il y ait des intellectuels « affranchis » qui osent penser par eux-mêmes au lieu de répéter les leçons apprises en occident ou en orient, ou qui invoquent les livres saints à tout propos pour cacher leur indigence intellectuelle.
Loin de moi l’idée d’exclure la solidarité familiale ou sociale. Elle peut être bénéfique si le bénéficiaire s’en sert comme un coup de pouce, un levier. Si elle vient apporter un plus à celui qui compte sur ces propres forces. Et si celui qui en bénéficie comprend bien que c’est une chance, une opportunité et non un droit et que son objectif est de s’en passer au plus tôt. Sinon, la solidarité dégénère en parasitisme, en mauvaise utilisation des ressources. Elle appauvrie la personne qui donne et n’aide pas celle qui reçoit. Cette aide-là, cette solidarité-là, il est temps de la bannir de la terre africaine.
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[1]Akimuhana kaza imvura ihise= si tu attends les semences d’autrui, sois sûr qu’elles viendront après la période des semis.
[1]Il a tenté de mobiliser les Burkinabés pour construire le chemin de fer Ouagadougou -Niamey par leurs propres mains, leurs propres investissements et en utilisant les matériaux locaux de préférence.
Compter sur ses propres forces commence d’abord par croire en ses forces et en celles de sa communauté ou de son peuple (self confidence). Pour qu’un jour, le premier président noir des USA, Barack Obama puisse prononcer le fameux « Yes we can » il a fallu que pendant des années il se répète à lui-même : « yes I can ». Bien que noir et donc « handicapé social » aux Etats-Unis - comme dans d’autres sociétés - , il doit s’être dit je veux réussir, je dois réussir, je réussirai et je m’en donne les moyens ! Obama a beaucoup de fans parmi les Africains jeunes et moins jeunes, en Afrique et dans la diaspora. Mais il est désolant que beaucoup de ses fans n’aient pas encore compris son exemple. Ils sont fiers de lui uniquement parce qu’il est noir. L’est-il d’ailleurs! N’empêche qu’ils voient en lui un digne représentant des Blacks qu’ils exhiberont toujours face aux autres, surtout aux racistes ou aux sceptiques qui oseront contester leurs capacités. C’est le degré primaire de la prise de conscience du fait que l’avenir n’est jamais écrit à l’avance. Et que chacun peut forcer son destin. En se comportant de façon à ce que parmi les futurs possibles, ce ne soit pas la pire probabilité qui se produise. Le deuxième degré de la prise de conscience est de lire l’histoire, le parcours d’Obama et de chercher à comprendre pourquoi et comment il est arrivé là où il est. Il a cru et a eu confiance en lui-même. Mais cela ne saurait suffire. Il a compris la société dans laquelle il vit et a su saisir les opportunités qu’elle recèle. Ce faisant, il a eu un comportement différent de celui de beaucoup de ses fans. Il a fait des choix et adopté un comportement quotidien qui ne renforcent pas la marginalisation ou la discrimination que la société américaine impose aux Noirs ; et que les sociétés occidentales, asiatiques ou africaines imposent aux défavorisés. Refuser d’aller où la société voudrait vous pousser. Refuser de croire que si vous êtes né dans un milieu pauvre ou défavorisé, vous devez automatiquement verser dans l’oisiveté, le conflit avec les parents, la délinquance, le vol, la drogue, la violence. Refuser que naître dans un milieu pauvre signifie automatiquement que l’on doit se mettre en situation d’échec scolaire. Des exemples abondent de jeunes Africains nés au fin fond de la brousse ou dans des quartiers privés de tout, dans un dénuement total, qui ont pu faire de brillantes études dans les meilleures universités occidentales pour ensuite occuper des postes de prestige. D’autres, à la sueur de leur front, de leur discipline et de leur détermination, ont réussi dans le commerce et les affaires, les arts et le sport.
Au Burkina Faso, à peu près une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou, un ami m’a fait visiter une exploitation agricole appartenant à un mal -voyant. C’était surprenant de voir le bon état de ses cultures (mil, sorgho, niébé, gombo…) et même de sa concession par rapport à celles de ses voisins ! Et la raison de ce succès : ce mal- voyant, aujourd’hui âgé, a décidé, quand il était plus jeune, « que jamais il ne mendiera ». Il a décidé de compter sur ses propres forces et il a réussi. Voici un exemple de dignité dont devrait s’inspirer la jeunesse africaine pour que demain l’Afrique soit dirigée par des dirigeants à la hauteur des enjeux de l’heure. Pour qu’il y ait des intellectuels « affranchis » qui osent penser par eux-mêmes au lieu de répéter les leçons apprises en occident ou en orient, ou qui invoquent les livres saints à tout propos pour cacher leur indigence intellectuelle.
Loin de moi l’idée d’exclure la solidarité familiale ou sociale. Elle peut être bénéfique si le bénéficiaire s’en sert comme un coup de pouce, un levier. Si elle vient apporter un plus à celui qui compte sur ces propres forces. Et si celui qui en bénéficie comprend bien que c’est une chance, une opportunité et non un droit et que son objectif est de s’en passer au plus tôt. Sinon, la solidarité dégénère en parasitisme, en mauvaise utilisation des ressources. Elle appauvrie la personne qui donne et n’aide pas celle qui reçoit. Cette aide-là, cette solidarité-là, il est temps de la bannir de la terre africaine.
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[1]Akimuhana kaza imvura ihise= si tu attends les semences d’autrui, sois sûr qu’elles viendront après la période des semis.
[1]Il a tenté de mobiliser les Burkinabés pour construire le chemin de fer Ouagadougou -Niamey par leurs propres mains, leurs propres investissements et en utilisant les matériaux locaux de préférence.














