Ce fléau survint au bout de quatre années d’une guerre impitoyable et dévastatrice, de désintégration accélérée du lien social, de grave crise écologique et économique, de compétition sauvage entre ceux qui voulaient conquérir le pouvoir et ses privilèges et ceux qui voulaient les garder, de propagation éhontée de mensonges, de rumeurs, de calomnies et de médisances.
Ces dérèglements sociaux survinrent malgré deux décennies de stabilité et de développement économique évident mais aussi de dénis des droits des Tutsi condamnés à l’exil depuis les années 60, de leurs enfants et petits - enfants , de marginalisation politique des Tutsi de l’intérieur, d’infantilisation des masses, de myopie politique des gouvernants et des élites. Une longue période pendant laquelle le régime d’un parti unique a privilégié le progrès matériel et limité au strict minimum la liberté d’opinion, d’expression, d’association tout en maintenant d’une main de fer une unité factice qui vola en éclats à la première secousse.
Consciemment ou non, les dirigeants des pays voisins et ceux des puissances du monde, des journalistes peu scrupuleux, des experts auto-proclamés, des diplomates cyniques ou manipulés et des humanitaires peu ou mal informés ignorant la complexité de l’histoire et des réalités du pays des Mille collines jetèrent de l’huile sur le feu.
Malgré les terribles souffrances subies et celles consécutives aux ondes de choc du cataclysme, les Rwandais ont survécu et le travail de reconstruction des âmes se poursuit. Les veuves et les orphelins se battent âprement pour creuser leur sillon et vivre dignement. Beaucoup ont retrouvé l’amour de la vie. La proportion de Rwandais qui n’ont pas connu ces horreurs s’accroit inexorablement. Les rancœurs et les sentiments de haine nés de ces terribles épreuves s’apaisent, lentement mais sûrement. A moyen terme, l’espoir est permis pour les jeunes de vivre sans miasmes du génocide.
Pendant ce mois d’avril consacré à la mémoire des nôtres, des amis, des voisins, des collègues, des compatriotes injustement privés de vie par l’inhumanité de l’Homme, nous devrons également tenter d’aller de l’avant en tirant quelques leçons de cette horrible période. Avec modestie, je propose les trois suivantes : 1) l’homme renferme en lui une bestialité sans mesure qu’il faut dompter par un travail sur soi cultivant la compassion et l’empathie envers les autres ; 2) pour préserver les générations futures, c’est un devoir pour chacun d’éduquer les enfants dans des valeurs positives, d’ouverture et de respect des droits et de la dignité de l’ autre, d’auto-détermination et de refus du panurgisme ethnique ou autre ; 3) dès leur jeune âge, il faut apprendre aux enfants à haïr la convoitise et la jalousie. Leur montrer que l’exclusion et la marginalisation de l’autre est injuste et source de violence ; que la guerre et la violence ne sont pas des moyens valables pour accéder au pouvoir ou s’y maintenir ; qu’il faut civiliser la lutte pour le pouvoir et refuser l’idée que tous les moyens sont bons ; que le refus de la diversité des opinions et de leur libre expression n’est pas une garantie pour une paix véritable et durable ; que l’infantilisation des masses les prédispose à être entrainées dans des conflits dont elles ignorent les tenants et les aboutissants et dont elles finissent par être les principales victimes.
Que la mémoire de ceux et celles qui ont perdu la vie dans le génocide de 1994 soit un leitmotiv pour le respect scrupuleux de la vie des autres et de leurs droits : - ceux de notre famille, de nos voisins, de nos amis, de nos collègues de travail, tous ceux et celles que nous côtoyons au jour le jour – à travers nos paroles et surtout nos comportements.
Ces dérèglements sociaux survinrent malgré deux décennies de stabilité et de développement économique évident mais aussi de dénis des droits des Tutsi condamnés à l’exil depuis les années 60, de leurs enfants et petits - enfants , de marginalisation politique des Tutsi de l’intérieur, d’infantilisation des masses, de myopie politique des gouvernants et des élites. Une longue période pendant laquelle le régime d’un parti unique a privilégié le progrès matériel et limité au strict minimum la liberté d’opinion, d’expression, d’association tout en maintenant d’une main de fer une unité factice qui vola en éclats à la première secousse.
Consciemment ou non, les dirigeants des pays voisins et ceux des puissances du monde, des journalistes peu scrupuleux, des experts auto-proclamés, des diplomates cyniques ou manipulés et des humanitaires peu ou mal informés ignorant la complexité de l’histoire et des réalités du pays des Mille collines jetèrent de l’huile sur le feu.
Malgré les terribles souffrances subies et celles consécutives aux ondes de choc du cataclysme, les Rwandais ont survécu et le travail de reconstruction des âmes se poursuit. Les veuves et les orphelins se battent âprement pour creuser leur sillon et vivre dignement. Beaucoup ont retrouvé l’amour de la vie. La proportion de Rwandais qui n’ont pas connu ces horreurs s’accroit inexorablement. Les rancœurs et les sentiments de haine nés de ces terribles épreuves s’apaisent, lentement mais sûrement. A moyen terme, l’espoir est permis pour les jeunes de vivre sans miasmes du génocide.
Pendant ce mois d’avril consacré à la mémoire des nôtres, des amis, des voisins, des collègues, des compatriotes injustement privés de vie par l’inhumanité de l’Homme, nous devrons également tenter d’aller de l’avant en tirant quelques leçons de cette horrible période. Avec modestie, je propose les trois suivantes : 1) l’homme renferme en lui une bestialité sans mesure qu’il faut dompter par un travail sur soi cultivant la compassion et l’empathie envers les autres ; 2) pour préserver les générations futures, c’est un devoir pour chacun d’éduquer les enfants dans des valeurs positives, d’ouverture et de respect des droits et de la dignité de l’ autre, d’auto-détermination et de refus du panurgisme ethnique ou autre ; 3) dès leur jeune âge, il faut apprendre aux enfants à haïr la convoitise et la jalousie. Leur montrer que l’exclusion et la marginalisation de l’autre est injuste et source de violence ; que la guerre et la violence ne sont pas des moyens valables pour accéder au pouvoir ou s’y maintenir ; qu’il faut civiliser la lutte pour le pouvoir et refuser l’idée que tous les moyens sont bons ; que le refus de la diversité des opinions et de leur libre expression n’est pas une garantie pour une paix véritable et durable ; que l’infantilisation des masses les prédispose à être entrainées dans des conflits dont elles ignorent les tenants et les aboutissants et dont elles finissent par être les principales victimes.
Que la mémoire de ceux et celles qui ont perdu la vie dans le génocide de 1994 soit un leitmotiv pour le respect scrupuleux de la vie des autres et de leurs droits : - ceux de notre famille, de nos voisins, de nos amis, de nos collègues de travail, tous ceux et celles que nous côtoyons au jour le jour – à travers nos paroles et surtout nos comportements.















