Les universités et le système éducatif doivent arrêter la production de chômeurs en Afrique.

L’Afrique est championne pour l’accroissement de la population et le taux de chômage surtout celui des jeunes. Cette situation de désœuvrement et de manque de perspectives à court et moyen terme crée un climat malsain au sein des familles, dans les villages, dans les quartiers les villes et bidonvilles. Ce climat se caractérise par les conflits, la violence, la délinquance, la prostitution, les grossesses précoces et non désirées, la multiplication des divorces, les abandons de domiciles, le Sida, etc.

Innocent Butaré



Les universités  et le système éducatif  doivent arrêter la production de chômeurs en Afrique.
On était habitué à ce que seuls les jeunes non scolarisés soient victimes de ce  fléau. Car l’école, était, jusque récemment, le passeport pour un avenir  radieux - comme le clame la publicité racoleuse de certaines écoles privées qui pullulent partout en Afrique ces derniers temps.  Or, le chômage des diplômés est un phénomène inquiétant et qui prend de l’ampleur de jour en jour. Trouver des statistiques pour l’attester n’est pas aisé car comme on le sait rares sont les pays africains disposant de structures fiables  et performantes de recueil et de traitements des données de ce genre. A part quelques exceptions comme la sérieuse  école 2IE d’Ouagadougou, elles sont peu nombreuses les universités ou les écoles supérieures qui se préoccupent de savoir ce que deviennent les centaines de jeunes  qu’elles forment. Cependant tous les jours l’accroissement du chômage des diplômés se confirme. Il suffit de constater le nombre de candidatures envoyées lorsqu’un poste se libère ou se crée  quelque part.  Où l’on voit des docteurs postuler pour des emplois  qui ne nécessitent qu’un niveau trois ans post secondaires ou des licenciés briguer des fonctions de niveau fin de l’école  secondaire. Certains candidats vont jusqu’à ne pas mentionner leurs diplômes sur leur CV ou lors des entretiens de recrutement pour ne pas essuyer un rejet automatique pour cause de surqualification.  Pendant que d’autres essaient désespérément de passer des concours pour s’enrôler comme simples policiers ou militaires! Les  causes de ce phénomène sont diverses. La population qui croît beaucoup plus vite que la capacité de créer des emplois par exemple.  Ou l’inclusion  dans la mondialisation  mal comprise qui privilégie parfois les technologies avancées là où les travaux à haute intensité de main d’œuvre (THMO) seraient mieux adaptés. La formation dispensée aussi qui ne prépare pas à un métier. Ou bien un enseignement théorique  qui ne permet pas à  l’apprenant de s’en servir dans la vie de tous les jours. Un peu partout on continue à reproduire le système hérité de la colonisation dans lequel l’école n’avait que pour but de former des assistants des administrateurs coloniaux chargés d’ administrer les territoires, de dominer et d’exploiter des sociétés dont ils ignoraient tout.  D’où la prédominance des enseignements à caractère littéraire et social. Cette tendance perdure de sorte que dans beaucoup de pays, les diplômés dans ces matières excèdent de loin les capacités du marché à les absorber. Que faire des centaines de milliers d’étudiants inscrits en faculté de droit, de lettres et de sciences humaines?  Personne ne sait. Et pourtant on continue à en former et on ouvre même des filières supplémentaires dans ces domaines. Souvent d’ailleurs parce que, comme disent certains, ce sont des formations qui ne coûtent pas cher. Cet engouement est également encouragé par le fait que  ceux de ces « improductifs »  qui arrivent à se caser dans l’administration et la politique ont des salaires mirobolants  sans contrepartie en production de biens et services utilisables pour la société.  Les commis de l’administration post coloniale et les politicards gagnent beaucoup plus  que les médecins, les ingénieurs, les techniciens, etc.  Ayant compris le système, on voit des chimistes, des ingénieurs, tenter de se faire recruter dans des bureaux de la fonction publique pour gratter le papier ou jouer avec le clavier plutôt que de chercher à œuvrer dans les laboratoires, dans les entreprises, les chantiers.  Même les agronomes fuient les champs ou les unités de transformation agro-alimentaires.  Ils cherchent où se planquer pour donner des ordres aux paysans  et leur dire ce qui est bon pour eux. Rares  sont ceux qui mettent la main à la patte.  Et quand ils essaient, la plupart échouent lamentablement. Parce qu’on ne leur a pas appris à entreprendre, à  créer. Les plus entreprenants apprennent à gérer des entreprises, mais en Afrique, ces entreprises n’existent pas. Ce n’est pas la gestion qu’il faut apprendre mais plutôt la création d’entreprise.  Comment créer quand, pendant toute sa scolarité, de l’école primaire à l’université, on vous a appris à débobiner par cœur ce que les enseignants vous ont dicté, sans y changer la moindre virgule. Quand l’enseignement favorise  la mémoire aux dépens de  la créativité, l’imagination, la recherche.  Quand on privilégie la description ou l’analyse théorique à  la recherche de solutions aux problèmes concrets et réels.  Dans les systèmes éducatifs  de beaucoup de pays africains, la discussion, la critique, la recherche sont absentes.  De plus les enseignants ont la fâcheuse habitude de vouloir enseigner ce qu’eux-mêmes ont appris. Oubliant que le monde change, que les réalités d’hier ne sont pas celles d’aujourd’hui et sûrement pas celles de demain.  Pour sortir de cet engrenage, il faut secouer le cocotier. Imaginer les métiers du futur. Il faut  se livrer à un exercice de prospective sociale et économique pour tenter de comprendre comment donner des outils aux jeunes  pour qu’ils affrontent les défis actuels : se nourrir, se soigner, s’habiller, se loger, se déplacer, communiquer, être respecté, défendre ses droits, résister aux  menaces et crises, etc.  C’est d’une réforme radicale qu’il s’agit. Utiliser le savoir accumulé par l’humanité  et créer de nouveaux savoirs destinés à  résoudre les problèmes d’aujourd’hui et de demain.

Vendredi 6 Janvier 2012


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C’est un grand honneur que vous me faites de visiter mon site personnel. J’ai créé ces pages pour m’exprimer en toute liberté, en dehors de toute contrainte institutionnelle. Pour jouir de quelques-uns des droits fondamentaux de l’humain : ceux de penser et de s’exprimer. Mais également pour remplir quelques-uns des devoirs qui nous incombent, surtout nous les Africains : de partager, de dialoguer, d’échanger et de co-construire l’Afrique et le monde de demain. Or, cette construction passe nécessairement par le débat d’idées qui non seulement satisfassent nos préoccupations intellectuelles, mais également éclairent l’intervention des acteurs du présent et de l’avenir du monde et du continent africain en particulier.

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Pourquoi avoir créé ce site? Depuis mon jeune âge je suis un passionné de la lecture et un jour je me suis demandé pourquoi je n’écrirai pas moi-même. D’ autant plus que bien des fois dans mes lectures, il arrivait que je retrouve des idées que j’avais eues ou défendues des années auparavant sans oser les coucher par écrit et les porter à la connaissance des autres - par timidité, excès de modestie ou peut-être insuffisance de confiance en moi-même. Parce qu’à un certain moment, il faut s’acquitter de sa dette de reconnaissance envers ses parents, ses amis, ses éducateurs, son pays et tous ceux que la vie a mis sur son chemin et qui, d’une façon ou d’une autre, ont fait de soi ce que l’on est, en complément de son patrimoine génétique. En ce qui me concerne, en tant que professionnel de la recherche pour le développement, cette dette consiste, me semble-t-il, à apporter ma contribution, fusse-elle minime, dans le domaine de la génération et de la diffusion des idées et des pratiques. Afin qu’elles puissent aider ceux qui sont en charge des destinées des gens, à remplir leur mission en se fondant sur des évidences scientifiques et des débats citoyens responsables, contradictoires et participatifs.
D’où vient le matériau de mes réflexions ? De l’observation de ce qui se passe autour de moi lors de mes nombreux voyages en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord ; des lectures de livres et de la presse internationale ; de contributions aux colloques, séminaires, ateliers et conférences ; de participations aux jurys de thèses de doctorats, de mémoires de fin d’études; de la revue d’articles de revues qui me sont soumis par les rédacteurs ; des conversations et entretiens que j’ai avec des chercheurs, gestionnaires de recherches, décideurs politiques, bailleurs de fonds, responsables d’ONG, paysans, petits entrepreneurs du secteur agro-alimentaire, agents des collectivités locales ; de mes amis et collègues. De par mon métier, mon tempérament et le style de vie que j’ai choisi, je passe l’essentiel de mon temps à réfléchir. A imaginer ce que serait une Afrique puissante, démocratique et généreuse pour ses enfants. Un jour, j’ai pensé qu’il serait peut-être utile de partager ces idées avec les autres.
La location et l’entretien de ce site sont complètement à ma charge. Jusqu’à aujourd’hui, je suis l’unique auteur des articles qui sont y sont publiés. Comme d’autres utilisent leur temps libre pour écouter la musique, regarder la télévision, faire un sport, causer avec leurs amis, prendre un pot ou à d’autres hobby, moi j’en consacre la quasi-totalité à la lecture et à la préparation de mes contributions.
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 Cordialement et à très bientôt
Dr Innocent Butaré.


Exploitations Agricoles Burkina Septembre 2011
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