Les Africains ont fait la démonstration de leur exceptionnelle capacité de résilience face aux agressions extrêmes que furent les esclavagismes européen et arabe - la traite des Noirs qui les déshumanisa, dépeupla le continent, le priva de ses forces vives et l’enfonça dans des guerres tribales sans fin. L’Afrique a survécu face au colonialisme brutal qui déstructura les empires prospères en micro- états non viables et artificiels, dénigra leurs cultures, exploita sans vergogne les richesses naturelles et rendit les économies extraverties.
Les Africains ont inventé des mécanismes de résistance pour s’adapter tant bien que mal à la faillite de l’Etat néocolonial mis en place par les colonisateurs et les élites formatées par leur école pour servir de supplétifs et à incapacité de ce système à offrir des services à la population dans divers secteurs (alimentation, éducation, santé, eau et assainissement, planification familiale, justice, sécurité, protection sociale….).
Sur le plan économique
Les populations ont fait montre d’une créativité sans limites en s’organisant dans l’économie informelle, dans l’échange des biens non marchands et même dans le troc. Suite au désengagement de l’Etat dans le domaine agricole, les populations se sont constituées en groupements, en organisations paysannes, en interprofessions, en coopératives pour reprendre à leur compte les fonctions de vulgarisation, de conseil en gestion des exploitations de fourniture d’intrants, de commercialisation des produits agricoles, etc. On pourrait citer pour exemple « La Voix du Paysan » ou l’Association nationale de producteurs de cacao et de café (ANPCC) au Cameroun. D’autres se sont organisées avec des visées plus politiques comme le Cadre national de concertation des ruraux au Sénégal ou le Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest.
Depuis bientôt une décennie, « le continent connait une croissance qui dépasse 6 % par an dans certains pays. De nombreux pays du continent se sont désendettés et les réformes entreprises dans les années 1990 ont favorisé l’émergence d’institutions financières plus efficaces et des places boursières dignes de ce nom comme le Ghana stock exchange, le Nigeria stock exchange, la Bourse régionale des valeurs à Abidjan. Comme le dit Stephen Ellis «En outre, les pays comme le Ghana ou le Nigéria ont aujourd’hui des cadres de très haut niveau, diplômés de Yale ou Havard qui ont travaillé longtemps à la City ou à Wall Street, et sont revenus au pays dotés d’une parfaite connaissance des méthodes des principaux centres financiers de la planète. La Banque Africaine de Développement, sous le leadership du Rwandais Ronald Kaberuka, s’est positionnée comme la première institution de financement du développement en Afrique. Elle a diversifié ses domaines d’intervention pour adresser les questions cruciales pour l’avenir du continent comme l’emploi des jeunes, le développement de l’économie verte et la promotion de l’économie du savoir.
Pour toutes ces raisons, l’Afrique a aujourd’hui une occasion unique de connaître non seulement une véritable croissance, mais aussi un développement social et politique réel. Stephen Ellis a raison de dire : « Il flotte dans l’air de l’Afrique un parfum nouveau. Jusqu’à récemment les fortunes ne s’édifiaient sur le continent qu’à l’ombre du pouvoir. Aujourd’hui la proximité avec l’appareil de l’Etat n’est plus une condition sine qua non de l’enrichissement. Au cours de la dernière décennie nous avons assisté dans plusieurs pays à l’émergence d’une race d’entrepreneurs dont la richesse émane du secteur privé, notamment dans les services. Ceux-là aspirent à un autre fonctionnement. Une personnalité comme le milliardaire soudanais Mo Ibrahim, à l’origine du développement spectaculaire du réseau de téléphonie mobile en Afrique, qui a forgé un indice de la qualité de la gouvernance, est emblématique de ces nouvelles élites ».
Le fonctionnement de l’économie mondialisée fait que le coût du travail va continuer à progresser dans les pays émergents d’Asie et d’Amérique du Sud et que les investisseurs n’auront d’autres choix que de délocaliser leurs activités sur le marché africain. Les investissements colossaux qui sont réalisés un peu partout notamment par de grands groupes chinois, sont un signe révélateur que l’Afrique est en voie d’être la prochaine nouvelle frontière de l’économie-monde. A la nouvelle génération de dirigeants et d’entrepreneurs africains de mettre rapidement en place des cadres juridiques et institutionnels adaptés et de renforcer les capacités techniques et managériales des jeunes cadres africains pour saisir les opportunités nouvelles offertes par les partenariats avec la Chine et les pays dits émergents. Une extrême vigilance s’impose afin que cette perspective ne tourne au cauchemar comme l’a été le contact avec l’Occident.
Sur le plan politique
Dans un contexte de dictatures militaires et civiles, de partis uniques alignés sur l’Occident ou sur le monde communiste, d’endettements excessifs à l’initiative d’élites cupides complices des banquiers et des dirigeants occidentaux, et de programmes d’ajustements structurelles, on a vu l’émergence des organisations de la société civile, à but non lucratif. Celles-ci se sont données pour mission d’informer et de former les populations sur leurs droits et devoirs et de faire pression sur les Etats pour en améliorer la gouvernance. Elles se sont constituées en contre-pouvoir en exigeant de participer à l’élaboration des documents sur les stratégies de développement, les politiques environnementales ou de décentralisation, à l’établissement de lois électorales et à la surveillance des élections, etc. Ces organisations de la société civile ont joué un rôle important dans l’organisation des Conférences nationales souveraines qui ont ébranlé les régimes dictatoriaux au Bénin, au Congo Brazzaville, en ex- Zaïre et ailleurs. Elles ont été le terreau qui a porté l’émergence du multipartisme. Que ce soit à l’intérieur des pays, des régions où au plan continental, on assiste à des tentatives de regroupement de ces organisations pour échanger des expériences, coordonner les actions et mutualiser les forces. Cette émergence de la société civile a fait apparaître des acteurs nouveaux pouvant vivre décemment et s’épanouir hors de l’État et de ses dépendances, et qui, de ce fait, ont acquis une légitimité suffisante pour être écoutés des populations. Grâce à l’action de la société civile, la démocratie a fait des progrès sur le continent. Les alternances démocratiques réalisées au Sénégal en 2000 et en 2012 sont des exemples éloquents.
L’exemple de l’Afrique du Sud est une illustration de la grandeur et de la haute conscience humaine dont les Africains sont capables. L’apartheid qui maintenait volontairement une grande partie de la population noire dans la misère, l’ignorance et l’humiliation a été vaincu et démantelé par une lutte pacifique mais déterminé. Mieux encore, dans le cadre de la promotion de l’unité nationale et de la réconciliation la nation arc-en-ciel a surpris beaucoup de gens en Occident et dans le monde en mettant en avant le besoin de compréhension, de réconciliation, de pardon mutuel et d’humanité (ubuntu) et non de vengeance, de haine, de victimisation. En faisant cela, les Noirs sud-africains ont fait montre d’un niveau élevé de conscience humaine, inconcevable chez ceux qui croient fermement que les relations entre les humains ne seraient bâties que sur les rapports de force, l’écrasement du plus faible, la cupidité et l’exclusion. Même si l’Afrique du Sud a placé la barre très haut, son exemple déteindra certainement sur le reste du continent.
Sur le plan social
Les Africains ont des potentialités énormes qui n’ont besoin que de conditions favorables, d’organisation, pour s’exprimer et s’épanouir. La réussite de sportifs, artistes, intellectuels africains qui partent de rien, vivent dans des conditions les plus éprouvantes mais qui, par la force de leur travail, leur détermination et leur volonté atteignent des sommets de la performance, de l’art et du savoir reconnus par le monde entier, en est la preuve. Ces exemples de réussite constituent des références et des modèles pour la très dynamique jeunesse africaine.
La vitalité de l’Afrique se voit aussi quand on fait attention à ces millions de travailleurs infatigables qui luttent vaillamment contre la misère et la pauvreté? Comme ces femmes rurales qui se lèvent chaque jour à l’aube pour gratter obstinément la terre dure avec une misérable houe et parviennent quand même à en tirer de quoi nourrir leurs nombreuses familles ? Et ces marchands ambulants, chargés comme des ânes, arpentant inlassablement les rues des villes encombrées ; ces boutiquiers qui ouvrent 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 ; ces instituteurs sous-payés parcourant des kilomètres à travers la brousse pour aller dispenser du savoir aux enfants; et bien d’autres encore qui méritent un grand respect. Imaginez ce que sera l’Afrique lors que cette énergie sera investie dans la transformation des énormes richesses naturelles dont regorgent le continent!
L’instruction progresse. Au Kenya, le taux d’alphabétisation des adultes est passé de 32% en 1970 à près de 90 % actuellement. En Afrique, le nombre de téléphones portables est passé de moins de 4 millions en 1998 à plus de 400 millions en 2012. Ken Auletta écrit : « Les entrepreneurs peuvent parler avec les clients et fournisseurs, et les salariés des différents bureaux discuter entre eux. Les agriculteurs peuvent comparer les prix avant de vendre leurs produits. Les médecins les plus proches peuvent être localisés. Des services bancaires par téléphone ont été mis en place. On voit lors des élections, des citoyens prendre avec leur portable des photos témoignant de manœuvres d’intimidation ou de fraudes et envoyer des textos signalant des irrégularités ». L’appropriation de cette technologie a joué un rôle important au Sénégal dans la reconnaissance des résultats des élections présidentielles de l’an 2000 qui ont débouché sur la première alternance démocratique après 40 ans de régime socialiste. Au Rwanda, l’envoi de SMS quotidiens pour rappeler aux malades du sida ou de la tuberculose de prendre leurs médicaments améliore le système de santé (Edward Miguel). Ce sont là autant de signes évidents que l’Afrique bouge - et dans le bon sens. Avoir foi en l’avenir de l’Afrique n’est pas une question de croyance mais de déduction logique. Tout dépend de nous, de chacun d’entre nous.
Pour en savoir plus
Books, No 32, Mai 2012 :
Stephen Ellis, Entretien avec Sandrine Tolotti.
Ken Auletta, Mo Ibrahim, l’homme qui veut changer l’Afrique.
Edward Miguel, 2012. Un progrès méconnu.
Les Africains ont inventé des mécanismes de résistance pour s’adapter tant bien que mal à la faillite de l’Etat néocolonial mis en place par les colonisateurs et les élites formatées par leur école pour servir de supplétifs et à incapacité de ce système à offrir des services à la population dans divers secteurs (alimentation, éducation, santé, eau et assainissement, planification familiale, justice, sécurité, protection sociale….).
Sur le plan économique
Les populations ont fait montre d’une créativité sans limites en s’organisant dans l’économie informelle, dans l’échange des biens non marchands et même dans le troc. Suite au désengagement de l’Etat dans le domaine agricole, les populations se sont constituées en groupements, en organisations paysannes, en interprofessions, en coopératives pour reprendre à leur compte les fonctions de vulgarisation, de conseil en gestion des exploitations de fourniture d’intrants, de commercialisation des produits agricoles, etc. On pourrait citer pour exemple « La Voix du Paysan » ou l’Association nationale de producteurs de cacao et de café (ANPCC) au Cameroun. D’autres se sont organisées avec des visées plus politiques comme le Cadre national de concertation des ruraux au Sénégal ou le Réseau des organisations paysannes et de producteurs agricoles de l’Afrique de l’Ouest.
Depuis bientôt une décennie, « le continent connait une croissance qui dépasse 6 % par an dans certains pays. De nombreux pays du continent se sont désendettés et les réformes entreprises dans les années 1990 ont favorisé l’émergence d’institutions financières plus efficaces et des places boursières dignes de ce nom comme le Ghana stock exchange, le Nigeria stock exchange, la Bourse régionale des valeurs à Abidjan. Comme le dit Stephen Ellis «En outre, les pays comme le Ghana ou le Nigéria ont aujourd’hui des cadres de très haut niveau, diplômés de Yale ou Havard qui ont travaillé longtemps à la City ou à Wall Street, et sont revenus au pays dotés d’une parfaite connaissance des méthodes des principaux centres financiers de la planète. La Banque Africaine de Développement, sous le leadership du Rwandais Ronald Kaberuka, s’est positionnée comme la première institution de financement du développement en Afrique. Elle a diversifié ses domaines d’intervention pour adresser les questions cruciales pour l’avenir du continent comme l’emploi des jeunes, le développement de l’économie verte et la promotion de l’économie du savoir.
Pour toutes ces raisons, l’Afrique a aujourd’hui une occasion unique de connaître non seulement une véritable croissance, mais aussi un développement social et politique réel. Stephen Ellis a raison de dire : « Il flotte dans l’air de l’Afrique un parfum nouveau. Jusqu’à récemment les fortunes ne s’édifiaient sur le continent qu’à l’ombre du pouvoir. Aujourd’hui la proximité avec l’appareil de l’Etat n’est plus une condition sine qua non de l’enrichissement. Au cours de la dernière décennie nous avons assisté dans plusieurs pays à l’émergence d’une race d’entrepreneurs dont la richesse émane du secteur privé, notamment dans les services. Ceux-là aspirent à un autre fonctionnement. Une personnalité comme le milliardaire soudanais Mo Ibrahim, à l’origine du développement spectaculaire du réseau de téléphonie mobile en Afrique, qui a forgé un indice de la qualité de la gouvernance, est emblématique de ces nouvelles élites ».
Le fonctionnement de l’économie mondialisée fait que le coût du travail va continuer à progresser dans les pays émergents d’Asie et d’Amérique du Sud et que les investisseurs n’auront d’autres choix que de délocaliser leurs activités sur le marché africain. Les investissements colossaux qui sont réalisés un peu partout notamment par de grands groupes chinois, sont un signe révélateur que l’Afrique est en voie d’être la prochaine nouvelle frontière de l’économie-monde. A la nouvelle génération de dirigeants et d’entrepreneurs africains de mettre rapidement en place des cadres juridiques et institutionnels adaptés et de renforcer les capacités techniques et managériales des jeunes cadres africains pour saisir les opportunités nouvelles offertes par les partenariats avec la Chine et les pays dits émergents. Une extrême vigilance s’impose afin que cette perspective ne tourne au cauchemar comme l’a été le contact avec l’Occident.
Sur le plan politique
Dans un contexte de dictatures militaires et civiles, de partis uniques alignés sur l’Occident ou sur le monde communiste, d’endettements excessifs à l’initiative d’élites cupides complices des banquiers et des dirigeants occidentaux, et de programmes d’ajustements structurelles, on a vu l’émergence des organisations de la société civile, à but non lucratif. Celles-ci se sont données pour mission d’informer et de former les populations sur leurs droits et devoirs et de faire pression sur les Etats pour en améliorer la gouvernance. Elles se sont constituées en contre-pouvoir en exigeant de participer à l’élaboration des documents sur les stratégies de développement, les politiques environnementales ou de décentralisation, à l’établissement de lois électorales et à la surveillance des élections, etc. Ces organisations de la société civile ont joué un rôle important dans l’organisation des Conférences nationales souveraines qui ont ébranlé les régimes dictatoriaux au Bénin, au Congo Brazzaville, en ex- Zaïre et ailleurs. Elles ont été le terreau qui a porté l’émergence du multipartisme. Que ce soit à l’intérieur des pays, des régions où au plan continental, on assiste à des tentatives de regroupement de ces organisations pour échanger des expériences, coordonner les actions et mutualiser les forces. Cette émergence de la société civile a fait apparaître des acteurs nouveaux pouvant vivre décemment et s’épanouir hors de l’État et de ses dépendances, et qui, de ce fait, ont acquis une légitimité suffisante pour être écoutés des populations. Grâce à l’action de la société civile, la démocratie a fait des progrès sur le continent. Les alternances démocratiques réalisées au Sénégal en 2000 et en 2012 sont des exemples éloquents.
L’exemple de l’Afrique du Sud est une illustration de la grandeur et de la haute conscience humaine dont les Africains sont capables. L’apartheid qui maintenait volontairement une grande partie de la population noire dans la misère, l’ignorance et l’humiliation a été vaincu et démantelé par une lutte pacifique mais déterminé. Mieux encore, dans le cadre de la promotion de l’unité nationale et de la réconciliation la nation arc-en-ciel a surpris beaucoup de gens en Occident et dans le monde en mettant en avant le besoin de compréhension, de réconciliation, de pardon mutuel et d’humanité (ubuntu) et non de vengeance, de haine, de victimisation. En faisant cela, les Noirs sud-africains ont fait montre d’un niveau élevé de conscience humaine, inconcevable chez ceux qui croient fermement que les relations entre les humains ne seraient bâties que sur les rapports de force, l’écrasement du plus faible, la cupidité et l’exclusion. Même si l’Afrique du Sud a placé la barre très haut, son exemple déteindra certainement sur le reste du continent.
Sur le plan social
Les Africains ont des potentialités énormes qui n’ont besoin que de conditions favorables, d’organisation, pour s’exprimer et s’épanouir. La réussite de sportifs, artistes, intellectuels africains qui partent de rien, vivent dans des conditions les plus éprouvantes mais qui, par la force de leur travail, leur détermination et leur volonté atteignent des sommets de la performance, de l’art et du savoir reconnus par le monde entier, en est la preuve. Ces exemples de réussite constituent des références et des modèles pour la très dynamique jeunesse africaine.
La vitalité de l’Afrique se voit aussi quand on fait attention à ces millions de travailleurs infatigables qui luttent vaillamment contre la misère et la pauvreté? Comme ces femmes rurales qui se lèvent chaque jour à l’aube pour gratter obstinément la terre dure avec une misérable houe et parviennent quand même à en tirer de quoi nourrir leurs nombreuses familles ? Et ces marchands ambulants, chargés comme des ânes, arpentant inlassablement les rues des villes encombrées ; ces boutiquiers qui ouvrent 24 h sur 24 et 7 jours sur 7 ; ces instituteurs sous-payés parcourant des kilomètres à travers la brousse pour aller dispenser du savoir aux enfants; et bien d’autres encore qui méritent un grand respect. Imaginez ce que sera l’Afrique lors que cette énergie sera investie dans la transformation des énormes richesses naturelles dont regorgent le continent!
L’instruction progresse. Au Kenya, le taux d’alphabétisation des adultes est passé de 32% en 1970 à près de 90 % actuellement. En Afrique, le nombre de téléphones portables est passé de moins de 4 millions en 1998 à plus de 400 millions en 2012. Ken Auletta écrit : « Les entrepreneurs peuvent parler avec les clients et fournisseurs, et les salariés des différents bureaux discuter entre eux. Les agriculteurs peuvent comparer les prix avant de vendre leurs produits. Les médecins les plus proches peuvent être localisés. Des services bancaires par téléphone ont été mis en place. On voit lors des élections, des citoyens prendre avec leur portable des photos témoignant de manœuvres d’intimidation ou de fraudes et envoyer des textos signalant des irrégularités ». L’appropriation de cette technologie a joué un rôle important au Sénégal dans la reconnaissance des résultats des élections présidentielles de l’an 2000 qui ont débouché sur la première alternance démocratique après 40 ans de régime socialiste. Au Rwanda, l’envoi de SMS quotidiens pour rappeler aux malades du sida ou de la tuberculose de prendre leurs médicaments améliore le système de santé (Edward Miguel). Ce sont là autant de signes évidents que l’Afrique bouge - et dans le bon sens. Avoir foi en l’avenir de l’Afrique n’est pas une question de croyance mais de déduction logique. Tout dépend de nous, de chacun d’entre nous.
Pour en savoir plus
Books, No 32, Mai 2012 :
Stephen Ellis, Entretien avec Sandrine Tolotti.
Ken Auletta, Mo Ibrahim, l’homme qui veut changer l’Afrique.
Edward Miguel, 2012. Un progrès méconnu.















