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 <title>INNOCENT BUTARE</title>
 <subtitle><![CDATA[Votre slogan ici]]></subtitle>
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 <updated>2013-06-18T08:00:22+02:00</updated>
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   <title>L’Afrique nouvelle frontière du monde! A quelles conditions ?</title>
   <updated>2013-06-18T02:18:00+02:00</updated>
   <id>http://www.innocentbutare.com/L-Afrique-nouvelle-frontiere-du-monde-A-quelles-conditions_a59.html</id>
   <category term="Science et développement" />
   <photo:imgsrc>http://www.innocentbutare.com/photo/art/imagette/5620442-8383065.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2013-06-18T02:13:00+02:00</published>
   <author><name>Amadou Lamine NDIAYE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Depuis quelque temps on peut lire et entendre, aussi bien dans la presse spécialisée que grand publique, que l’Afrique a connu une croissance économique remarquable de 4 à 5,5% au cours de la dernière décennie. Depuis 2007 les investissements étrangers directs auraient dépassé l’aide publique au développement témoignant ainsi de l’intérêt de l’Afrique pour les investisseurs internationaux. Les observateurs notent également la rivalité à peine déguisée entre les pays occidentaux, la Chine, le Japon, le Brésil… dans la recherche des opportunités d’affaires et l’implantation de leur influence politique et culturelle. Innocent BUTARE, Ph.D.     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.innocentbutare.com/photo/art/default/5620442-8383065.jpg" alt="L’Afrique nouvelle frontière du monde! A quelles conditions ?" title="L’Afrique nouvelle frontière du monde! A quelles conditions ?" />
     </div>
     <div>
      Malgré toutes ces bonnes nouvelles, dont il faut se réjouir, l’Africain « de la rue » est sceptique. Quand on lui parle de croissance, il répond <em>qu’« on ne mange pas la croissance ». </em>Les plus informés soulignent qu’il y a quelques décennies on a parlé du miracle ivoirien. A la place du miracle, on a eu un cauchemar. Dans la partie Nord du continent, la flèche du temps s’est inversée: du <em>« printemps »</em> on est retourné à l’hiver ! Et le mauvais temps, les tempêtes et les bourrasques se sont déplacés au Sahel et au Nord du Nigéria en attendant de rencontrer d’autres masses d’air chargées de dangers au Tchad, au Soudan et dans la Corne de l’Afrique. Cette météo instable serait « enceinte » d’événements redoutables. Donc : vigilance avant de pavoiser. <br />  En plus de l’instabilité et des conflits de toutes sortes qui tardent à être éradiqués sur le continent, il y a lieu de se demander pourquoi en dépit de cette croissance, le chômage et la pauvreté augmentent inexorablement. Pas besoin de statistiques. Regardez autour de vous. Impossible de se promener quelques minutes dans une ville africaine sans être rapidement assailli par une foule de mendiants. Impossible d’aller prendre une boisson dans un hôtel sans remarquer la ronde de jeunes filles en quête de moyen de survie. Quand ces malheureux et malheureuses ne sont pas visibles c’est que l’action dissuasive ou répressive des forces de police est passée par là. Ouvrez l’œil dans les cités et vous verrez un tas de jeunes désœuvrés qui déambulent&nbsp; ou dorment à longueur de journée. <br />  Pourquoi cette croissance tant vantée coexiste-t-elle avec cette triste réalité ? Parce qu’elle provient de l’exportation des ressources minérales (minerais et hydrocarbures) ou de l’exportation des produits agricoles et alimentaires bruts (cacao, hévéa, coton, poisson…). Elle a pour origine la réalisation de grandes infrastructures à haute intensité de capital utilisant les machines et les techniciens étrangers. Elle a pour origine l’explosion du secteur des télécommunications utilisant des technologies de pointe sous contrôle de quelques ingénieurs et techniciens ; du tourisme et de l’import -export. Toutes ces activités ont en commun qu’elles créent peu d’emplois au regard de la croissance démographique actuelle de l’Afrique. Ne parlons pas de la croissance douteuse qui provient du recyclage de l’argent sale de la drogue ou du commerce des armes. Pour que la croissance puisse «<em> être mangée », i</em>l faudrait qu’elle repose plus sur : la valeur ajoutée produite par un réseau dense de micro, petites et moyennes entreprises agroalimentaires transformant des produits destinés aux marchés locaux et sous-régionaux ; sur des entreprises manufacturières valorisant les immenses ressources minérales dont regorge le continent ; sur des chantiers publics à haut intensité de main d’œuvre destinés notamment à la préservation de l’environnement. Cette croissance-là pourrait profiter au plus grand nombre contrairement à celle que nous connaissons et qui ne profite qu’à une faible proportion de la population laissant les autres – les plus nombreux - au bord de la route. Il faudrait qu’une grande part de cette croissance soit investie dans l’éducation, l’innovation et la recherche pour amorcer et entretenir un développement durable. Cette croissance serait partagée et inclusive. <br />  Mais la croissance peut-elle être partagée sous des régimes dictatoriaux ou oligarchiques ? Non, bien sûr. Quel intérêt les dictateurs et leurs valets ainsi que les oligarques africains y auraient-ils ? Aucun. Leur mode de pensée et de vie, les voies qu’ils ont empruntées pour être là où ils sont et avoir ce qu’ils ont les obligent obligatoirement à organiser l’économie et à gérer les affaires des pays à leur seul profit. Eux seuls savent ce qui est bon pour tout le monde. Les autres (les masses dites ignorantes) n’ont qu’à suivre la voie tracée par des leaders éclairés et ainsi leur bonheur futur est-il garanti. Patientez et serrez la ceinture braves gens, la croissance est arrivée ! Ainsi une large part de la population est écartée du débat sur les politiques économiques, faute d’information, de connaissances et de ressources politiques. La croissance se fait sans développement participatif. Les inégalités se creusent, l’insécurité s’installe, les riches se cachent dans des villas protégées par des haies électrisées. Les gens vivent dans la peur des agresseurs pour les uns, des policiers et des services de sécurité pour les autres. <br />  L’Afrique a peut -être trouvé le chemin de la croissance mais pas encore celui développement participatif. Les lendemains pourraient déchanter.&nbsp; Comme disait l’autre <em>«&nbsp; ce qui se fait sans moi se fait contre moi».&nbsp; </em>Méfiez-vous des gens qui prétendent faire le bonheur des gens sans leur demander leur avis. La jeunesse africaine a un devoir de vigilance pour ne pas se laisser berner par les chantres de la croissance et les chants de leurs alliés griots sévissant dans les médias locaux et internationaux. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Transformer les résultats de la recherche en opportunités d’affaires</title>
   <updated>2013-05-27T10:14:00+02:00</updated>
   <id>http://www.innocentbutare.com/Transformer-les-resultats-de-la-recherche-en-opportunites-d-affaires_a58.html</id>
   <category term="Science et développement" />
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   <published>2013-05-27T10:07:00+02:00</published>
   <author><name>Amadou Lamine NDIAYE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le chemin qui conduit de l’obtention du résultat de la recherche à sa valorisation sous forme de biens ou services monnayables utilisés à grande échelle par la société est souvent difficile, long et sinueux. Pourtant ce chemin est incontournable pour les pays en développement, notamment les pays africains qui sont soucieux d’apporter rapidement des réponses appropriées aux nombreux défis auxquels ils font face dans différents domaines prioritaires : alimentation et sécurité alimentaire, santé, logement, énergie, transport et communication, sécurité, éducation, gouvernance et démocratie, etc. La lecture de la littérature sur le sujet et les leçons apprises des tentatives faites ici et là sur le continent africain permettent désormais d’identifier les différents facteurs qui influencent le succès de la transformation d’un résultat de la recherche en opportunité d’affaires. La volonté et les moyens d’agir sur certains facteurs clé sont des passages obligés de toute politique ou stratégie nationale de valorisation des résultats de la recherche.  Dr Innocent Butaré     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.innocentbutare.com/photo/art/default/5548248-8277089.jpg" alt="Transformer les résultats de la recherche en opportunités d’affaires" title="Transformer les résultats de la recherche en opportunités d’affaires" />
     </div>
     <div>
      &nbsp;Ces facteurs peuvent faciliter l’utilisation des résultats de la recherche alors que d’autres la ralentissent où l’empêchent. Ils peuvent être classés en quatre grandes catégories selon&nbsp;: (i) la nature des résultats ou de la recherche qui les a produits ; (ii) les chercheurs impliqués; (iii) les utilisateurs potentiels ou intéressés; (iv) le contexte ou l’environnement. Ici, seuls les principaux éléments qui facilitent l’utilisation des résultats ont retenu l’attention. La liste n’est certainement pas exhaustive. <br />  &nbsp; <br />   <br />   <br />   <br />  <strong>Facteurs liés à la nature des résultats ou des recherches</strong> <br />  <ul>  	<li class="list">  		Les résultats sont fiables et clairement exprimés.</li>  	<li class="list">  		Les résultats ne sont pas relativisés ou contredits par ceux&nbsp; des autres études.</li>  	<li class="list">  		Le coût de mise au point (pilotes, démonstrations, marketing, plan d’affaires, investissement de départ…) est relativement accessible.</li>  	<li class="list">  		Les résultats peuvent être facilement mis en pratique dans des délais raisonnables.</li>  	<li class="list">  		L’utilisation du résultat ne nécessite pas d’équipements sophistiqués ni des connaissances ou aptitudes exceptionnelles.</li>  	<li class="list">  		Le résultat est utilisable à grande échelle notamment par les classes moyennes.</li>  	<li class="list">  		Les résultats sont produits par des recherches commissionnées par les gouvernements, le secteur privé, les ONG ou les donateurs. Ils répondent alors à un besoin clairement exprimé.</li>  	<li class="list">  		L’utilisation des résultats des recherches interfère peu avec l’exécution des programmes gouvernementaux en cours ou ne les remettent en cause.</li>  	<li class="list">  		Les résultats ne heurtent pas les intérêts matériels ou politiques des groupes puissants.</li>  	<li class="list">  		L’utilisation des résultats ne génèrerait pas des conflits avec les organisations étatiques, le secteur privé ou les bailleurs de fonds.</li>  </ul>      <br />  <strong>Facteurs liés aux chercheurs qui ont produit le résultat</strong> <br />  <ul>  	<li class="list">  		Les chercheurs jouissent d’une certaine crédibilité sociale ou d’un prestige soit personnels soit liés à l’institut d’affiliation.</li>  	<li class="list">  		Les chercheurs sont conscients de leur responsabilité sociale comme citoyens de pays ayant des défis multiples et urgents à relever.</li>  	<li class="list">  		Les chercheurs ne se contentent pas de mener les recherches et de disséminer les résultats mais vont au-delà en recherchant à réaliser des profits générés par leur travail en collaborant en partenariat gagnant-gagnant avec les utilisateurs des résultats (publics ou privés).</li>  	<li class="list">  		Les chercheurs comprennent les principes qui régissent les droits de propriété intellectuelle et sont prêts à se faire aider par les experts en la matière.</li>  	<li class="list">  		Les chercheurs comprennent les processus de prise de décision dans les domaines des affaires et de la politique.</li>  	<li class="list">  		Des chercheurs accèdent à des postes de décision politique à des niveaux ministériels ou directoriaux et facilitent la circulation des informations à caractère scientifique dans le milieu politique.</li>  </ul>  &nbsp; <br />   <br />  <strong>Facteurs liés aux utilisateurs</strong> <br />  <ul>  	<li class="list">  		&nbsp;Existence de possibilité de contact formel et informel entre les chercheurs et l’utilisateur des résultats (décideurs, entreprises publiques et privées, organisations de la société civile).</li>  	<li class="list">  		Les utilisateurs sont impliqués dans la conduite des recherches ou, du moins, sont régulièrement informés de l’évolution des recherches et des résultats intermédiaires obtenus.</li>  	<li class="list">  		Les utilisateurs comprennent l’intérêt individuel ou collectif qu’ils ont à utiliser les résultats et à partager les bénéfices avec les chercheurs.</li>  	<li class="list">  		Les utilisateurs comprennent les principes qui régissent les droits de propriété intellectuelle et sont prêts à se faire aider par les experts en la matière.</li>  </ul>     <strong>Facteurs liés au contexte politique, économique et social</strong> <br />  <ul>  	<li class="list">  		Il existe une politique nationale consensuelle organisant les activités de recherche, de développement technologique et d’innovation.</li>  	<li class="list">  		Le contexte politique est favorable à la recherche et à l’innovation&nbsp;: les chercheurs ont de l’espace pour influencer la décision politique. Celle-ci n’est pas la sphère réservée d’une petite minorité de politiciens ou de bureaucrates.</li>  	<li class="list">  		L’environnement politique et social est marqué par la paix et la sécurité.</li>  	<li class="list">  		Les décideurs politiques restent en place assez longtemps pour être suffisamment sensibilisés aux problèmes de la recherche et de l’innovation ou alors les bureaucraties qui les secondent sont stables.</li>  	<li class="list">  		Les décideurs politiques et économiques ont un niveau élevé de patriotisme économique pour privilégier les initiatives locales et endogènes au lieu d’importer des produits et des technologies de l’extérieur.</li>  	<li class="list">  		&nbsp;Il existe un cadre permettant le dialogue régulier entre les chercheurs et les utilisateurs des résultats (décideurs, entreprises publiques et privées, organisations de la société civile).</li>  	<li class="list">  		&nbsp;Le résultat se situe dans une conjoncture favorable. Par exemple un médicament trouvé lors d’une épidémie sera rapidement utilisé.</li>  	<li class="list">  		Les promoteurs ont des ressources financières, matérielles requises par l’exploitation du résultat.</li>  	<li class="list">  		Il existe des ressources humaines qualifiées (consultants, ingénieurs, managers…) pour faire le lien entre les chercheurs et les innovateurs avec les entreprises.</li>  	<li class="list">  		Les institutions financières locales disposent d’une politique et des outils de financement des activités à haut risque.</li>  	<li class="list">  		Il existe une politique adaptée de propriété intellectuelle.</li>  </ul>  &nbsp; <br />  En prenant en compte ces différents facteurs, toute personne engagée pour le développement de l’Afrique comprendra la nécessité et l’urgence de mettre en place une stratégie continentale et des stratégies nationales et des &nbsp;politiques de transformation accélérée des résultats de la recherche en opportunités d’affaires. Ce n’est qu’ainsi que l’Afrique peut passer d’une économie basée sur les matières premières brutes à une économie qui repose sur leur transformation par l’application de la recherche et l’innovation et sur le développement des services destinés à faciliter l’accès à une alimentation suffisante et saine, à la santé, au logement, à l’énergie, à l’éducation, à la sécurité, bonne gouvernance et à la démocratie. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>La haine de soi : Appel à l‘arrêt de l‘ aide et au boycott des produits rwandais</title>
   <updated>2013-03-25T21:36:00+01:00</updated>
   <id>http://www.innocentbutare.com/La-haine-de-soi-Appel-a-l-arret-de-l-aide-et-au-boycott-des-produits-rwandais_a57.html</id>
   <category term="Presse" />
   <photo:imgsrc>http://www.innocentbutare.com/photo/art/imagette/5353274-7987651.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2013-03-25T21:22:00+01:00</published>
   <author><name>Amadou Lamine NDIAYE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Depuis un certain temps on lit sur internet des Rwandais qui se félicitent des décisions prises par certains pays occidentaux (USA, UK, Allemagne, Suède…) et certaines institutions internationales (Union Européenne, BAD) de geler partiellement l‘aide fournie au Rwanda. Il y en a même qui jugent qu’il aurait fallu prendre des mesures plus draconiennes et arrêter tout appui extérieur.  Dr Innocent Butaré     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.innocentbutare.com/photo/art/default/5353274-7987651.jpg" alt="La haine de soi : Appel à l‘arrêt de l‘ aide et au boycott des produits rwandais" title="La haine de soi : Appel à l‘arrêt de l‘ aide et au boycott des produits rwandais" />
     </div>
     <div>
      Les partisans de ces mesures estiment que c’est un moyen efficace pour forcer les dirigeants rwandais à cesser leur appui supposé aux différentes rebellions qui déstabilisent l‘Est du Congo ou à être plus regardants sur le respect des droits humains. <br />  L‘arrêt brutal de l‘aide internationale a des conséquences néfastes sur l‘ économie nationale rwandaise. Il impacte négativement la mise en œuvre des programmes et des plans de développement dans plusieurs domaines. Les répercussions pourraient être désastreuses dans des secteurs vitaux comme les infrastructures, la santé, l‘agriculture, l‘éducation, etc. Ce faisant, ces mesures pourraient annihiler les effets des investissements antérieurs consentis dans des programmes aussi utiles que la lutte contre le sida et la tuberculose, la vaccination à grande échelle, l‘électrification rurale et les autres programmes de lutte contre la pauvreté. La conséquence sûre sera d‘enfoncer davantage les pauvres dans la misère et de faire basculer les membres de la classe moyenne dans la pauvreté. <br />  Dans ses efforts d’adaptation à la nouvelle situation, le gouvernement aurait décidé le gel des recrutements dans la fonction publique. Qui sera affecté en premier lieu sinon les enfants des pauvres pour qui les emplois publics sont le seul débouché, les secteurs privé et non gouvernemental étant encore embryonnaires. <br />  L’expérience des pays comme le Togo &nbsp;ou le Zimbabwe qui ont été soumis à ce genre de pressions n‘est pas concluante. Dans ces cas, les mesures ont été contre-productives. Elles pénalisent d‘avantage les pauvres et n’affectent les milieux aisés et les dirigeants que de façon marginale. Au Togo, on a observé les infrastructures se déliter, les routes se couvrir de trous béants, les écoles se délabrer. Pour s‘adapter les riches ont acheté des 4 x4 et ont envoyé leurs enfants à l‘étranger; et la terre a continué de tourner! Appeler à l‘arrêt de l‘aide internationale signifie souhaiter la dégradation des conditions de vie des plus pauvres. Est-ce réellement ce qu’une personne soi-disant voulant le bien national, et prétendant vouloir jouer un rôle politique, peut souhaiter à ses compatriotes ? N’est-il pas contradictoire de prétendre souhaiter le bien des gens dans le futur tout en faisant leur malheur dans l‘ immédiat ?&nbsp; Cette attitude ne revient-elle pas à prier Dieu pour qu’une grande sécheresse, une famine ou une épidémie s’abatte sur son pays&nbsp;? &nbsp; <br />  Dans la même veine, d’autres &nbsp;Rwandais appellent leurs compatriotes et les étrangers &nbsp;à boycotter des produits rwandais, inciter les gens à refuser d‘acheter de la farine de manioc, du riz, des légumes séchés, des jus de fruits… soit disant parce que les unités industrielles ou artisanales qui les produisent seraient la propriété des dirigeants ! On croit rêver ! La consommation est le dernier maillon de la chaine de valeur. Refuser d‘acheter ces produits priverait de revenus non seulement les propriétaires, mais également les commerçants distributeurs, les transporteurs grands et petits, les paysan(ne)s producteurs/trices&nbsp;; c’est à dire des milliers de gens qui tirent leurs revenus de ces filières. L’impact sur les producteurs/trices agricoles serait plus grand que celui sur les autres catégories sociales d‘autant plus que souvent ils/elles n’ont pas d‘ autres activités ou sources de revenus alternatives. Plus de 80 % de Rwandais vivent de l‘agriculture. Les priver du marché local égale les enfoncer davantage dans la misère. Refuser d‘acheter les légumes séchés équivaut à préconiser de laisser pourrir les récoltes des paysans dans les champs. La politique qui convient serait plutôt d’investir massivement dans la création d’un grand nombre d’unités de transformation des produits agricoles qui leur confèrent de la valeur ajoutée et les rend compétitifs par rapport aux produits importés. Peu importe l’identité de l’investisseur, l‘important est que les populations y trouvent des emplois et des revenus. Prêcher le contraire c’est plus que de l’inconsistance &nbsp;c’est de la haine de soi. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>Élections présidentielles ou catastrophes nationales ?</title>
   <updated>2013-03-15T11:10:00+01:00</updated>
   <id>http://www.innocentbutare.com/Elections-presidentielles-ou-catastrophes-nationales_a56.html</id>
   <category term="L'Afrique qui promet" />
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   <published>2013-03-15T11:01:00+01:00</published>
   <author><name>Amadou Lamine NDIAYE</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Au Burkina Faso, depuis l’élection du président Blaise Compaoré en novembre 2010, les observateurs politiques, les organisations de la société civile et le Burkinabé « lamda » sont polarisés sur la question de savoir si une révision constitutionnelle aura lieu pour supprimer le fameux article 37 qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Les plus pessimistes prédisent les pires malheurs pour le pays si ce changement se produisait. On a des difficultés à comprendre ce genre de menaces étant donné que les élections municipales et législatives de décembre 2012, considérées par les observateurs nationaux et internationaux comme libres, crédibles et transparentes ont montré que la grande majorité des Burkinabé font confiance au parti du président (70 députés sur 127). L’opposition émiettée en plus de 70 partis n’a pas pesé lourd dans la balance. Dans ce contexte d’où viendrait la menace sociale ? A moins qu’elle ne naisse de l’intérieur du camp présidentiel lui-même ? Ceci voudrait donc dire que ce serait une partie de l’élite au pouvoir, notamment celle qui aspire à remplacer le président Compaoré, qui mettrait le feu aux poudres pour assouvir ses ambitions personnelles. Serait-ce un enjeu suffisant au risque de faire fuir les investisseurs et la coopération internationale d’un pays qui en a tant besoin?  Dr Innocent Butare     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.innocentbutare.com/photo/art/default/5319928-7938859.jpg" alt="Élections présidentielles ou catastrophes nationales ?" title="Élections présidentielles ou catastrophes nationales ?" />
     </div>
     <div>
      Au Sénégal, en 2012, pendant de longs mois le débat s’est polarisé sur la légitimité ou la légalité de la candidature du président Abdoulaye Wade. Le pays a tourné au ralenti ; des manifestations violentes ont détruit des biens publics et privés. Les politiciens ont tout fait pour bloquer cette élection. Puis de guerre lasse, ils ont fini par céder. Et le peuple fatigué par tant de désordres et d’étalement d’ambitions a voté calmement et a éconduit le président en exercice pour le remplacer par son ancien premier ministre. Au lendemain du vote les opinions étaient unanimes pour reconnaitre que le peuple était en avance par rapport aux politiciens et aux élites qui leur sont associées. Et les observateurs de se demander si ça valait la peine d’avoir arrêté les activités économiques, causé autant de dégâts physiques et humains, donné une mauvaise image du Sénégal ? <br />   <br />  Au Kenya, les élections présidentielles, sénatoriales et des gouverneurs du mois de mars 2013 ont été précédées d’une période de haute tension sociale et de faible activité économique. Des rumeurs ont circulé sur les violences post-électorales considérées comme inéluctables. Pour beaucoup la répétition ce qui c’était passé lors de l’élection présidentielle de 2007 était certaine. Certaines institutions ont mis leur personnel en congé, des personnes sont allées se mettre à l’abri dans des pays voisins. Des nations puissantes ont conseillé à leurs ressortissants d’ajourner leurs voyages au Kenya, le privant ainsi des ressources touristiques, vitales pour l’économie et les habitants qui en vivent. Contre toutes prévisions, les élections se sont passées dans le calme total. Malgré tout, suite au décompte des voix, le pays a vécu une semaine d’incertitude totale dans un climat de grande anxiété. Nairobi ressemblait à une ville morte&nbsp;: sans taxi, sans marchés, sans écoles… Dès la proclamation des résultats, le calme a prévalu et le lendemain les gens ont vaqué à leurs occupations habituelles comme s’il ne s’était rien passé. Les pêcheurs en eaux troubles sont restés bredouilles. Au vu de tout cela, on peut se poser la question suivante : valait-il la peine d’arrêter l’activité économique du pays, de mettre à mal l’image nationale pourtant indispensable au tourisme, priver les citoyens des services publics essentiels, juste pour savoir qui du Premier ministre ou du Vice-premier ministre sera élu président de la République. Quel changement ! Franchement où était l’enjeu pour le Kenyan moyen ? <br />   <br />  Remarquons en passant que les élections sénatoriales et des gouverneurs sont passées inaperçues et n’ont occasionné aucune tension. Or, ce sont ces scrutins locaux qui intéressent au premier chef les citoyens. Car les dirigeants locaux, proches des populations, sont en charge de résoudre leurs problèmes quotidiens. Là où du moins la décentralisation est en marche. <br />   <br />  L’évaluation rigoureuse de l’impact négatif des élections présidentielles&nbsp; sur les économies des pays reste à faire. Mais tout laisse penser que &nbsp;l’ampleur des dégâts serait du même ordre que celle&nbsp; des catastrophes naturelles comme les sécheresses prolongées, les inondations, les tempêtes et ouragans ou les épidémies ! <br />   <br />  &nbsp;En conclusion, il faut se demander si dans l’état actuel de développement démocratique de l’Afrique, il ne faudrait pas abandonner les élections présidentielles au suffrage universel. Concentrer l’attention des citoyens sur les élections locales. Organiser un système indirect d’élections dans lequel le président de la république serait élu par un collège&nbsp; restreint mais suffisamment inclusif&nbsp; composé des élus locaux et régionaux et des représentants désignés démocratiquement de certains corps (armée, police….) ou de certaines catégories socioprofessionnelles (paysans, ouvriers, fonctionnaires, patrons, syndicalistes, société civile, jeunes, femmes, handicapés…) ou culturelles (chefs coutumiers, religieux…). Ainsi, la quiétude sociale serait garantie. Le consensus social remplacerait la division nationale en deux camps antagonistes. Les finances du pays seraient soulagées et son économie ne serait pas inutilement affectée. <br />   <br />  Il est temps que les politologues africains se mettent au travail pour inventer des formules de régulation sociale qui tiennent compte des réalités et des valeurs africaines au lieu de nous proposer des méthodes importées qui nous enfoncent inutilement dans le chaos. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <title>L’indignation est-elle un luxe pour les pauvres en Afrique ?</title>
   <updated>2013-02-19T20:16:00+01:00</updated>
   <id>http://www.innocentbutare.com/L-indignation-est-elle-un-luxe-pour-les-pauvres-en-Afrique_a55.html</id>
   <category term="L'Afrique qui promet" />
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   <published>2013-02-19T19:58:00+01:00</published>
   <author><name>Amadou Lamine NDIAYE</name></author>
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En Afrique, on assiste, assez souvent d’ailleurs, du moins dans certains pays, à la visite de gouvernants dans des villages ou des bidonvilles. Ils arrivent à bord de 4 x 4 rutilantes, dans des cortèges soulevant d’épais nuages de poussière à leur passage. Dr Innocent Butare     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.innocentbutare.com/photo/art/default/5246027-7828856.jpg" alt="L’indignation est-elle un luxe pour les pauvres en Afrique ?" title="L’indignation est-elle un luxe pour les pauvres en Afrique ?" />
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      Mobilisées par les responsables de l’administration locale ou les autorités coutumières, les villageois ou les habitants de bidonvilles font des efforts considérables pour accueillir ces hautes personnalités avec tous les honneurs dus à leur rang et à leur prestige. Ils les écoutent respectueusement, chantent et dansent et parfois leur offrent des cadeaux malgré leur extrême pauvreté. Aucun d’entre eux n’ose leur demander pourquoi l’État n’a pas encore songé à désenclaver ce village par une route &nbsp;digne de ce nom. Pourquoi, ce village ou ce quartier n’a pas d’eau potable, d’école ou de centre de soins, de système de ramassage d’ordures, etc. alors que ces milliers de pauvres payent des impôts et des taxes de toutes sortes. Personne n’ose demander où vont les aides que le gouvernement annonce régulièrement recevoir des bailleurs de fonds. Les pauvres ne demandent jamais des comptes à leurs gouvernants. Et quand il arrive à ces derniers de réaliser quelque chose dans un village ou un quartier, ils le présentent comme si c’était un cadeau dû à la magnanimité du Chef de l’Etat et du gouvernement. Au peuple, il est demandé de la gratitude. Les dirigeants locaux ou nationaux font comme si le Chef de l’Etat ou le ministre avait offert une partie de son salaire ou de ses économies. Personne ne demandera à ces « généreux donateurs » combien ils gagnent par mois pour avoir la possibilité d’offrir d’aussi généreux cadeaux. Et pourquoi, ils gagnent autant pendant que la grande partie de la population tire le diable par la queue. <br />   <br />  <strong>Pourquoi les pauvres se font-ils avoir si facilement ? Pour plusieurs raisons.</strong> <br />  Premièrement, ils ne sont pas bien informés. Ils ignorent tout de l’opulence dans laquelle vivent les dirigeants et des gaspillages auxquels eux, leurs partenaires et leurs rejetons se livrent. Ils ne connaissent pas les coûts des établissements fréquentés par les enfants « des hauts d’en haut » et des nombreux voyages inutiles dans des pays éloignés. La grande majorité des pauvres naissent, grandissent et meurent dans leur village ou leur quartier. Leurs conditions de vie leur paraissent normales, faute de comparaison. <br />  Deuxièmement, les pauvres n’ont pas le temps pour penser. Tout occupés qu’ils sont à lutter pour trouver une maigre pitance qui permettra à eux et à leurs enfants de survivre jusqu’au lendemain. Penser, est un luxe inaccessible. La pauvreté matérielle est renforcée par la pauvreté intellectuelle. Et les deux se nourrissent mutuellement. Le pauvre finit par se résigner, par accepter d’être exclu, marginalisé, rejeté, dominé. Souvent, il en vient à conclure que c’est Dieu qui l’a voulu. <br />  Troisièmement, même ceux qui ont une vague idée des privilèges des nantis, ne voient pas le lien causal entre leur pauvreté et la richesse des autres. Ainsi donc ils ne peuvent pas s’en plaindre encore moins revendiquer ou demander des comptes. <br />  Comme en Afrique la majorité de la population est constituée de pauvres, le niveau de ce qui est supportable avant de provoquer l’indignation sociale est élevé. C’est pourquoi, les dirigeants se comportent comme ils le font sans grand danger pour eux-mêmes et leur famille. Ce sentiment d’impunité est renforcé par la violence dont ils ont le monopole. <br />  Les peuples peuvent vivre ainsi longtemps en supportant l’arrogance et la cupidité de leurs dirigeants. Cette situation peut-elle évoluer ? Certainement. Mais hélas souvent dans le mauvais sens. Quand un «&nbsp;délinquant social », un agitateur ou un politicien évincé de la mangeoire mobilise le village ou le bidonville et réussit à défier l’ordre (le désordre) établi, &nbsp;les pauvres déploient alors une énergie incomparable pour détruire des biens publics, symboles de l’Etat et de la richesse des autres. Ils s’adonnent à cœur joie aux pillages et au vandalisme. En général, ces soulèvements sont rapidement matés ou s’essoufflent faute de butin. Ils ne règlent en rien la question de la pauvreté de leurs initiateurs. Passée la période d’euphorie, la situation redevient « normale », comme avant. On a vu des cas de ce genre lors des émeutes de la faim au Burkina Faso, au Cameroun, etc. <br />  D’où peut provenir l’indignation génératrice de changement social ? Probablement des classes moyennes. Celles qui côtoient l’opulence sans y accéder. Celles qui sont informées, éduquées et qui savent qu’ailleurs les choses se passent autrement. C’est&nbsp; ce qui est en train de se passer en Chine actuellement.&nbsp; Ce sont les membres de ces classes qu’il faut mobiliser pour opérer les changements nécessaires. Ce sont eux qui devraient être la cible privilégiée des programmes des ONG, des donateurs, des syndicats et des organisations politiques qui veulent le changement et la démocratie. Là où ces classes sont inexistantes ou faibles, il est illusoire d’y espérer une quelconque avancée dans la transparence de la gestion des affaires publiques, l’obligation aux dirigeants de rendre compte aux populations, le respect des droits des gens. Dans pareille situation, l’objectif stratégique devrait être de créer des conditions d’émergence d’une classe moyenne importante et diversifiée, de la consolider par des programmes conséquent de développement économique et politiques notamment pour lui éviter de retomber dans la pauvreté. Ce qui peut toujours arriver dans les pays qui sont sous la coupe d’oligarchies mafieuses ou d’autocrates patentés. <br />  Seules les classes moyennes pourraient exercer une pression suffisante sur les dirigeants pour qu’ils rendent compte de leur gestion et cessent de narguer les pauvres avec leurs faux cadeaux. <br />  
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