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  <title>INNOCENT BUTARE</title>
  <description><![CDATA[Votre slogan ici]]></description>
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  <language>fr</language>
  <dc:date>2013-05-21T00:13:44+02:00</dc:date>
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   <title>La haine de soi : Appel à l‘arrêt de l‘ aide et au boycott des produits rwandais</title>
   <pubDate>Mon, 25 Mar 2013 21:22:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Amadou Lamine NDIAYE</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Presse]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Depuis un certain temps on lit sur internet des Rwandais qui se félicitent des décisions prises par certains pays occidentaux (USA, UK, Allemagne, Suède…) et certaines institutions internationales (Union Européenne, BAD) de geler partiellement l‘aide fournie au Rwanda. Il y en a même qui jugent qu’il aurait fallu prendre des mesures plus draconiennes et arrêter tout appui extérieur.  Dr Innocent Butaré     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.innocentbutare.com/photo/art/default/5353274-7987651.jpg" alt="La haine de soi : Appel à l‘arrêt de l‘ aide et au boycott des produits rwandais" title="La haine de soi : Appel à l‘arrêt de l‘ aide et au boycott des produits rwandais" />
     </div>
     <div>
      Les partisans de ces mesures estiment que c’est un moyen efficace pour forcer les dirigeants rwandais à cesser leur appui supposé aux différentes rebellions qui déstabilisent l‘Est du Congo ou à être plus regardants sur le respect des droits humains. <br />  L‘arrêt brutal de l‘aide internationale a des conséquences néfastes sur l‘ économie nationale rwandaise. Il impacte négativement la mise en œuvre des programmes et des plans de développement dans plusieurs domaines. Les répercussions pourraient être désastreuses dans des secteurs vitaux comme les infrastructures, la santé, l‘agriculture, l‘éducation, etc. Ce faisant, ces mesures pourraient annihiler les effets des investissements antérieurs consentis dans des programmes aussi utiles que la lutte contre le sida et la tuberculose, la vaccination à grande échelle, l‘électrification rurale et les autres programmes de lutte contre la pauvreté. La conséquence sûre sera d‘enfoncer davantage les pauvres dans la misère et de faire basculer les membres de la classe moyenne dans la pauvreté. <br />  Dans ses efforts d’adaptation à la nouvelle situation, le gouvernement aurait décidé le gel des recrutements dans la fonction publique. Qui sera affecté en premier lieu sinon les enfants des pauvres pour qui les emplois publics sont le seul débouché, les secteurs privé et non gouvernemental étant encore embryonnaires. <br />  L’expérience des pays comme le Togo &nbsp;ou le Zimbabwe qui ont été soumis à ce genre de pressions n‘est pas concluante. Dans ces cas, les mesures ont été contre-productives. Elles pénalisent d‘avantage les pauvres et n’affectent les milieux aisés et les dirigeants que de façon marginale. Au Togo, on a observé les infrastructures se déliter, les routes se couvrir de trous béants, les écoles se délabrer. Pour s‘adapter les riches ont acheté des 4 x4 et ont envoyé leurs enfants à l‘étranger; et la terre a continué de tourner! Appeler à l‘arrêt de l‘aide internationale signifie souhaiter la dégradation des conditions de vie des plus pauvres. Est-ce réellement ce qu’une personne soi-disant voulant le bien national, et prétendant vouloir jouer un rôle politique, peut souhaiter à ses compatriotes ? N’est-il pas contradictoire de prétendre souhaiter le bien des gens dans le futur tout en faisant leur malheur dans l‘ immédiat ?&nbsp; Cette attitude ne revient-elle pas à prier Dieu pour qu’une grande sécheresse, une famine ou une épidémie s’abatte sur son pays&nbsp;? &nbsp; <br />  Dans la même veine, d’autres &nbsp;Rwandais appellent leurs compatriotes et les étrangers &nbsp;à boycotter des produits rwandais, inciter les gens à refuser d‘acheter de la farine de manioc, du riz, des légumes séchés, des jus de fruits… soit disant parce que les unités industrielles ou artisanales qui les produisent seraient la propriété des dirigeants ! On croit rêver ! La consommation est le dernier maillon de la chaine de valeur. Refuser d‘acheter ces produits priverait de revenus non seulement les propriétaires, mais également les commerçants distributeurs, les transporteurs grands et petits, les paysan(ne)s producteurs/trices&nbsp;; c’est à dire des milliers de gens qui tirent leurs revenus de ces filières. L’impact sur les producteurs/trices agricoles serait plus grand que celui sur les autres catégories sociales d‘autant plus que souvent ils/elles n’ont pas d‘ autres activités ou sources de revenus alternatives. Plus de 80 % de Rwandais vivent de l‘agriculture. Les priver du marché local égale les enfoncer davantage dans la misère. Refuser d‘acheter les légumes séchés équivaut à préconiser de laisser pourrir les récoltes des paysans dans les champs. La politique qui convient serait plutôt d’investir massivement dans la création d’un grand nombre d’unités de transformation des produits agricoles qui leur confèrent de la valeur ajoutée et les rend compétitifs par rapport aux produits importés. Peu importe l’identité de l’investisseur, l‘important est que les populations y trouvent des emplois et des revenus. Prêcher le contraire c’est plus que de l’inconsistance &nbsp;c’est de la haine de soi. <br />  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
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   <link>http://www.innocentbutare.com/La-haine-de-soi-Appel-a-l-arret-de-l-aide-et-au-boycott-des-produits-rwandais_a57.html</link>
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   <title>Élections présidentielles ou catastrophes nationales ?</title>
   <pubDate>Fri, 15 Mar 2013 11:01:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Amadou Lamine NDIAYE</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[L'Afrique qui promet]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Au Burkina Faso, depuis l’élection du président Blaise Compaoré en novembre 2010, les observateurs politiques, les organisations de la société civile et le Burkinabé « lamda » sont polarisés sur la question de savoir si une révision constitutionnelle aura lieu pour supprimer le fameux article 37 qui limite le nombre de mandats présidentiels à deux. Les plus pessimistes prédisent les pires malheurs pour le pays si ce changement se produisait. On a des difficultés à comprendre ce genre de menaces étant donné que les élections municipales et législatives de décembre 2012, considérées par les observateurs nationaux et internationaux comme libres, crédibles et transparentes ont montré que la grande majorité des Burkinabé font confiance au parti du président (70 députés sur 127). L’opposition émiettée en plus de 70 partis n’a pas pesé lourd dans la balance. Dans ce contexte d’où viendrait la menace sociale ? A moins qu’elle ne naisse de l’intérieur du camp présidentiel lui-même ? Ceci voudrait donc dire que ce serait une partie de l’élite au pouvoir, notamment celle qui aspire à remplacer le président Compaoré, qui mettrait le feu aux poudres pour assouvir ses ambitions personnelles. Serait-ce un enjeu suffisant au risque de faire fuir les investisseurs et la coopération internationale d’un pays qui en a tant besoin?  Dr Innocent Butare     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.innocentbutare.com/photo/art/default/5319928-7938859.jpg" alt="Élections présidentielles ou catastrophes nationales ?" title="Élections présidentielles ou catastrophes nationales ?" />
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     <div>
      Au Sénégal, en 2012, pendant de longs mois le débat s’est polarisé sur la légitimité ou la légalité de la candidature du président Abdoulaye Wade. Le pays a tourné au ralenti ; des manifestations violentes ont détruit des biens publics et privés. Les politiciens ont tout fait pour bloquer cette élection. Puis de guerre lasse, ils ont fini par céder. Et le peuple fatigué par tant de désordres et d’étalement d’ambitions a voté calmement et a éconduit le président en exercice pour le remplacer par son ancien premier ministre. Au lendemain du vote les opinions étaient unanimes pour reconnaitre que le peuple était en avance par rapport aux politiciens et aux élites qui leur sont associées. Et les observateurs de se demander si ça valait la peine d’avoir arrêté les activités économiques, causé autant de dégâts physiques et humains, donné une mauvaise image du Sénégal ? <br />   <br />  Au Kenya, les élections présidentielles, sénatoriales et des gouverneurs du mois de mars 2013 ont été précédées d’une période de haute tension sociale et de faible activité économique. Des rumeurs ont circulé sur les violences post-électorales considérées comme inéluctables. Pour beaucoup la répétition ce qui c’était passé lors de l’élection présidentielle de 2007 était certaine. Certaines institutions ont mis leur personnel en congé, des personnes sont allées se mettre à l’abri dans des pays voisins. Des nations puissantes ont conseillé à leurs ressortissants d’ajourner leurs voyages au Kenya, le privant ainsi des ressources touristiques, vitales pour l’économie et les habitants qui en vivent. Contre toutes prévisions, les élections se sont passées dans le calme total. Malgré tout, suite au décompte des voix, le pays a vécu une semaine d’incertitude totale dans un climat de grande anxiété. Nairobi ressemblait à une ville morte&nbsp;: sans taxi, sans marchés, sans écoles… Dès la proclamation des résultats, le calme a prévalu et le lendemain les gens ont vaqué à leurs occupations habituelles comme s’il ne s’était rien passé. Les pêcheurs en eaux troubles sont restés bredouilles. Au vu de tout cela, on peut se poser la question suivante : valait-il la peine d’arrêter l’activité économique du pays, de mettre à mal l’image nationale pourtant indispensable au tourisme, priver les citoyens des services publics essentiels, juste pour savoir qui du Premier ministre ou du Vice-premier ministre sera élu président de la République. Quel changement ! Franchement où était l’enjeu pour le Kenyan moyen ? <br />   <br />  Remarquons en passant que les élections sénatoriales et des gouverneurs sont passées inaperçues et n’ont occasionné aucune tension. Or, ce sont ces scrutins locaux qui intéressent au premier chef les citoyens. Car les dirigeants locaux, proches des populations, sont en charge de résoudre leurs problèmes quotidiens. Là où du moins la décentralisation est en marche. <br />   <br />  L’évaluation rigoureuse de l’impact négatif des élections présidentielles&nbsp; sur les économies des pays reste à faire. Mais tout laisse penser que &nbsp;l’ampleur des dégâts serait du même ordre que celle&nbsp; des catastrophes naturelles comme les sécheresses prolongées, les inondations, les tempêtes et ouragans ou les épidémies ! <br />   <br />  &nbsp;En conclusion, il faut se demander si dans l’état actuel de développement démocratique de l’Afrique, il ne faudrait pas abandonner les élections présidentielles au suffrage universel. Concentrer l’attention des citoyens sur les élections locales. Organiser un système indirect d’élections dans lequel le président de la république serait élu par un collège&nbsp; restreint mais suffisamment inclusif&nbsp; composé des élus locaux et régionaux et des représentants désignés démocratiquement de certains corps (armée, police….) ou de certaines catégories socioprofessionnelles (paysans, ouvriers, fonctionnaires, patrons, syndicalistes, société civile, jeunes, femmes, handicapés…) ou culturelles (chefs coutumiers, religieux…). Ainsi, la quiétude sociale serait garantie. Le consensus social remplacerait la division nationale en deux camps antagonistes. Les finances du pays seraient soulagées et son économie ne serait pas inutilement affectée. <br />   <br />  Il est temps que les politologues africains se mettent au travail pour inventer des formules de régulation sociale qui tiennent compte des réalités et des valeurs africaines au lieu de nous proposer des méthodes importées qui nous enfoncent inutilement dans le chaos. <br />  
     </div>
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   <title>L’indignation est-elle un luxe pour les pauvres en Afrique ?</title>
   <pubDate>Tue, 19 Feb 2013 19:58:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Amadou Lamine NDIAYE</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[L'Afrique qui promet]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   En Afrique, on assiste, assez souvent d’ailleurs, du moins dans certains pays, à la visite de gouvernants dans des villages ou des bidonvilles. Ils arrivent à bord de 4 x 4 rutilantes, dans des cortèges soulevant d’épais nuages de poussière à leur passage. Dr Innocent Butare     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.innocentbutare.com/photo/art/default/5246027-7828856.jpg" alt="L’indignation est-elle un luxe pour les pauvres en Afrique ?" title="L’indignation est-elle un luxe pour les pauvres en Afrique ?" />
     </div>
     <div>
      Mobilisées par les responsables de l’administration locale ou les autorités coutumières, les villageois ou les habitants de bidonvilles font des efforts considérables pour accueillir ces hautes personnalités avec tous les honneurs dus à leur rang et à leur prestige. Ils les écoutent respectueusement, chantent et dansent et parfois leur offrent des cadeaux malgré leur extrême pauvreté. Aucun d’entre eux n’ose leur demander pourquoi l’État n’a pas encore songé à désenclaver ce village par une route &nbsp;digne de ce nom. Pourquoi, ce village ou ce quartier n’a pas d’eau potable, d’école ou de centre de soins, de système de ramassage d’ordures, etc. alors que ces milliers de pauvres payent des impôts et des taxes de toutes sortes. Personne n’ose demander où vont les aides que le gouvernement annonce régulièrement recevoir des bailleurs de fonds. Les pauvres ne demandent jamais des comptes à leurs gouvernants. Et quand il arrive à ces derniers de réaliser quelque chose dans un village ou un quartier, ils le présentent comme si c’était un cadeau dû à la magnanimité du Chef de l’Etat et du gouvernement. Au peuple, il est demandé de la gratitude. Les dirigeants locaux ou nationaux font comme si le Chef de l’Etat ou le ministre avait offert une partie de son salaire ou de ses économies. Personne ne demandera à ces « généreux donateurs » combien ils gagnent par mois pour avoir la possibilité d’offrir d’aussi généreux cadeaux. Et pourquoi, ils gagnent autant pendant que la grande partie de la population tire le diable par la queue. <br />   <br />  <strong>Pourquoi les pauvres se font-ils avoir si facilement ? Pour plusieurs raisons.</strong> <br />  Premièrement, ils ne sont pas bien informés. Ils ignorent tout de l’opulence dans laquelle vivent les dirigeants et des gaspillages auxquels eux, leurs partenaires et leurs rejetons se livrent. Ils ne connaissent pas les coûts des établissements fréquentés par les enfants « des hauts d’en haut » et des nombreux voyages inutiles dans des pays éloignés. La grande majorité des pauvres naissent, grandissent et meurent dans leur village ou leur quartier. Leurs conditions de vie leur paraissent normales, faute de comparaison. <br />  Deuxièmement, les pauvres n’ont pas le temps pour penser. Tout occupés qu’ils sont à lutter pour trouver une maigre pitance qui permettra à eux et à leurs enfants de survivre jusqu’au lendemain. Penser, est un luxe inaccessible. La pauvreté matérielle est renforcée par la pauvreté intellectuelle. Et les deux se nourrissent mutuellement. Le pauvre finit par se résigner, par accepter d’être exclu, marginalisé, rejeté, dominé. Souvent, il en vient à conclure que c’est Dieu qui l’a voulu. <br />  Troisièmement, même ceux qui ont une vague idée des privilèges des nantis, ne voient pas le lien causal entre leur pauvreté et la richesse des autres. Ainsi donc ils ne peuvent pas s’en plaindre encore moins revendiquer ou demander des comptes. <br />  Comme en Afrique la majorité de la population est constituée de pauvres, le niveau de ce qui est supportable avant de provoquer l’indignation sociale est élevé. C’est pourquoi, les dirigeants se comportent comme ils le font sans grand danger pour eux-mêmes et leur famille. Ce sentiment d’impunité est renforcé par la violence dont ils ont le monopole. <br />  Les peuples peuvent vivre ainsi longtemps en supportant l’arrogance et la cupidité de leurs dirigeants. Cette situation peut-elle évoluer ? Certainement. Mais hélas souvent dans le mauvais sens. Quand un «&nbsp;délinquant social », un agitateur ou un politicien évincé de la mangeoire mobilise le village ou le bidonville et réussit à défier l’ordre (le désordre) établi, &nbsp;les pauvres déploient alors une énergie incomparable pour détruire des biens publics, symboles de l’Etat et de la richesse des autres. Ils s’adonnent à cœur joie aux pillages et au vandalisme. En général, ces soulèvements sont rapidement matés ou s’essoufflent faute de butin. Ils ne règlent en rien la question de la pauvreté de leurs initiateurs. Passée la période d’euphorie, la situation redevient « normale », comme avant. On a vu des cas de ce genre lors des émeutes de la faim au Burkina Faso, au Cameroun, etc. <br />  D’où peut provenir l’indignation génératrice de changement social ? Probablement des classes moyennes. Celles qui côtoient l’opulence sans y accéder. Celles qui sont informées, éduquées et qui savent qu’ailleurs les choses se passent autrement. C’est&nbsp; ce qui est en train de se passer en Chine actuellement.&nbsp; Ce sont les membres de ces classes qu’il faut mobiliser pour opérer les changements nécessaires. Ce sont eux qui devraient être la cible privilégiée des programmes des ONG, des donateurs, des syndicats et des organisations politiques qui veulent le changement et la démocratie. Là où ces classes sont inexistantes ou faibles, il est illusoire d’y espérer une quelconque avancée dans la transparence de la gestion des affaires publiques, l’obligation aux dirigeants de rendre compte aux populations, le respect des droits des gens. Dans pareille situation, l’objectif stratégique devrait être de créer des conditions d’émergence d’une classe moyenne importante et diversifiée, de la consolider par des programmes conséquent de développement économique et politiques notamment pour lui éviter de retomber dans la pauvreté. Ce qui peut toujours arriver dans les pays qui sont sous la coupe d’oligarchies mafieuses ou d’autocrates patentés. <br />  Seules les classes moyennes pourraient exercer une pression suffisante sur les dirigeants pour qu’ils rendent compte de leur gestion et cessent de narguer les pauvres avec leurs faux cadeaux. <br />  
     </div>
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   <title>Silence, petites lâchetés et grands désastres</title>
   <pubDate>Tue, 05 Feb 2013 12:47:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Amadou Lamine NDIAYE</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[L'Afrique qui promet]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Partout en Afrique, il est rare de terminer une discussion d’une heure sans qu’une personne se plaigne de la mauvaise gouvernance, de la corruption des agents de l’Etat, de l’égoïsme et de la nullité des politiciens, de la brutalité ou du laxisme des policiers, de l’immoralité grandissante des religieux et de bien d’autres maux qui affligent le continent. Mais, peu de gens vont au-delà des faits pour constater que les auteurs de ces délits, malversations, et incivismes ne sont pas des étrangers mais bel et bien nos parents, nos frères et sœurs, cousins et cousines, amis, associés, collègues, voisins ou coreligionnaires, etc. Nous le savons, mais nous n’osons pas leur dire que leur comportement est la source de nos problèmes. Nous le savons mais nous allons solliciter auprès d’eux une aide financière, une intervention à propos d’une démarche administrative, une référence pour une demande d’emploi, etc. Parfois, nous sommes même honorés d’être invités à leur table pour partager les fruits de leurs détournements. Sommes-nous conséquents? Sommes-nous honnêtes avec nous-mêmes?  Innocent BUTARE, Ph.D.     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.innocentbutare.com/photo/art/default/5196193-7753093.jpg" alt="Silence, petites lâchetés et grands désastres" title="Silence, petites lâchetés et grands désastres" />
     </div>
     <div>
      L’importance de la famille est reconnue de tous en Afrique. Pourquoi ne pas s’appuyer sur cette valeur et oser dire à nos parents, nos frères et sœurs, nos cousins et cousines d’arrêter d’enfoncer nos communautés, nos pays, l’Afrique dans l’abîme. Imaginez quelle serait la déconfiture d’un père ou d’une mère de famille à qui les enfants diraient « nous ne voulons pas de ton argent, nous savons qu’il est sale, qu’il a été acquis malhonnêtement ». <br />  Et en dehors du cercle familial? Tu prends un transport en commun avec plein d’autres passagers. Le chauffeur conduit comme un fou mettant leur vie et celles des autres usagers de la route manifestement en danger. Quand tu oses dire au chauffard de respecter le code de la route, de diminuer la vitesse…, et que ce malpropre s’en prend à toi et te couvre d’injures ordurières, rares sont les passagers qui manifestent leur solidarité. Et pourtant ils sont concernés. Si leur propre vie ne leur dit rien comment voulez-vous qu’ils accordent de la valeur à la vie des autres ? Comment interpréter ce silence? Inconscience ou lâcheté? <br />  En Afrique, la démocratie et le respect des droits des personnes est un des sujets à la mode. On vous en rabat les oreilles dans les journaux, à la radio, à la télévision, dans des manifestations. Mais, observez comment ces messieurs et ces dames qui en parlent si bien se comportent dans leur propre famille vis-à-vis de leur personnel domestique ; au bureau vis-à-vis de leurs subalternes ; à la faculté vis-à-vis de leurs assistants ou étudiants ! Comme des esclavagistes et des « tyranneaux ». Tout le monde le voit et personne ne dit rien. Nous sommes des millions d’Africains dans ce cas. A tolérer les actes d’incivismes quand ils ne nous touchent pas, la petite corruption quand elle nous profite un tant soit peu ; à ne rien voir ou pardonner quand ce sont nos parents ou nos amis qui sont en cause. Au fil des ans, nos communautés, nos pays, notre continent deviennent une jungle où seuls les moins scrupuleux tirent leur épingle du jeu. Et comme les petits ruisseaux font de grandes rivières, ces silences, ces lâchetés quotidiennes génèrent de grands désastres. <br />  A bien réfléchir chacun de nous a une part de responsabilité dans la situation actuelle de nos sociétés. Avant de vouloir changer le monde commençons par nous-mêmes et autour de nous. <br />  
     </div>
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   <link>http://www.innocentbutare.com/Silence-petites-lachetes-et-grands-desastres_a54.html</link>
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   <title>Vendre les produits africains à bord des avions des compagnies africaines ?</title>
   <pubDate>Tue, 11 Dec 2012 19:12:00 +0100</pubDate>
   <dc:language>fr</dc:language>
   <dc:creator>Amadou Lamine NDIAYE</dc:creator>
   <dc:subject><![CDATA[Bloc-Notes]]></dc:subject>
   <description>
   <![CDATA[
   Le transport aérien fait des progrès importants en Afrique. A côté des géants comme Ethiopian et South Africa Airways, d’autres compagnies de taille moyenne ou petite, comme Kenya Airways et Rwanda Air, affichent des ambitions sérieuses dans la conquête de parts de marché en reliant notamment l’Est, le Centre et l’Ouest du continent. Évidemment, ces progrès sont de temps en temps ternis par des accidents qui endeuillent l’Afrique et qui sont souvent le fait d’appareils obsolescents ou dont l’entretien ne respecte pas les normes en vigueur. Dans ce cas l’on se demande d’ ailleurs si le terme « accident » convient car il s’agit ici d’événements prévisibles ! Dr Innocent Butaré     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.innocentbutare.com/photo/art/default/5013067-7485184.jpg" alt="Vendre les produits africains à bord des avions des compagnies africaines ?" title="Vendre les produits africains à bord des avions des compagnies africaines ?" />
     </div>
     <div>
      Mais la sécurité dans le transport aérien n’est pas mon propos d’aujourd’hui. Je voudrais parler d’une tare qui perdure et fait perdre de l’argent et des emplois au continent : la quasi absence des produits africains parmi ceux vendus ou utilisés à bord des avions circulant dans le ciel africain. <br />  &nbsp;Que ce soit pour les repas, les boissons, les articles hors taxe, rien ou presque <em>« made in Africa ». </em>Même chose pour la musique, les films et les dessins animés, diffusés à bord. Il est alors difficile de se rappeler que la probabilité est grande que le chocolat servi soit le produit de la transformation de la graine du cacaoyer cultivé en Côte d’ Ivoire ou au Ghana –quand&nbsp; il étiquette montre <em>« fabriqué en France ou made in Switzerland </em>». Le même raisonnement est valable pour les objets en or, diamant, les cosmétiques contenant du beurre de Karité, etc. La question qui vient alors à l’esprit est : que manque-t-il à l’Afrique pour que les produits africains soient promus et vendus sur les lignes aériennes d’Afrique et d’ailleurs. Et la réponse, toujours la même : les produits africains sont exportés bruts pour être transformés hors du continent et être revendus partout avec des marges considérables. Cinquante ans après les indépendances rien n’a changé. L’économie de traite continue ! De plus, le peu de produits transformés sur place, n’a pas les qualités requises, conformes aux normes internationales pour supporter la concurrence et satisfaire les exigences de clientèles relativement aisées qui utilisent les transports aériens. Mais là encore on pourrait répliquer : qui fixe les normes internationales ? Qu’est-ce qui empêche les entrepreneurs et les innovateurs africains d’investir dans l’amélioration des produits locaux et d’en faire le marketing ? Ne serait-ce pas, par hasard, les blocages pour ne pas dire le sabotage ou le manque d’intérêt de ceux que la perpétuation de l’économie de chasse et de cueillette arrange car ils en tirent une rente bien confortable, sans se fatiguer. Par&nbsp; là, j’entends les pilleurs internationaux des richesses naturelles du continent, leurs courtiers et leurs valets locaux. Espérons que la ténacité des jeunes entrepreneurs, des ingénieurs, des innovateurs honnêtes et des décideurs patriotes pourra supplanter la voracité de ces rapaces. Et que bientôt les produits africains de qualité seront vendus à bord des avions en Afrique et ailleurs et pourront ainsi contribuer à la création d’emplois pour nos millions de jeunes qui en ont urgemment besoin. <br />  
     </div>
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